Le véhicule de patrouille s’est mis en travers de l’avenue, les quatre policiers s’en extirpent au passage de deux badauds. Dans les rues quasi désertes de Saltivka, le quartier le plus détruit de Kharkiv et celui qui, dans la direction de l’est, est le plus proche des positions russes, il est difficile de passer inaperçu. Les flics contrôlent les papiers des deux passants avec une méfiance de circonstance. Mais après quelques questions, ils s'adoucissent. «Dans cette direction, explique Sergueï, l’un des quatre lieutenants en mission, le plus âgé et celui qui a l’initiative, c’est bloqué à cause des décombres; plus à gauche, il pourrait y avoir des bombes non explosées. Vous feriez mieux de rebrousser chemin, ça semble calme, mais les bombardements peuvent recommencer à chaque instant.»