Le gouvernement soudanais et les rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) s'apprêtent à signer ce vendredi un accord significatif pour un cessez-le-feu illimité, après vingt-trois ans de guerre. Au terme de plus de deux ans de négociations, les pourparlers destinés à mettre un terme au plus long conflit armé d'Afrique touchent à leur fin. Les deux parties signeront le 9 janvier au palais présidentiel à Nairobi l'accord de paix global sur le Soudan-Sud, a indiqué à l'AFP un responsable de la médiation, joint par téléphone depuis la ville kényane de Naivasha (80 km au nord-ouest de Nairobi), où se tiennent les discussions.

L'équipe de médiation a fait forte pression sur les deux parties pour régler leurs derniers différents avant la date butoir du 31 décembre. Le vice-président soudanais, Ali Osman Taha, et le chef rebelle, John Garang, avaient promis de signer un accord de paix définitif à l'occasion d'une réunion exceptionnelle du Conseil de sécurité à Nairobi au début du mois. «Le général Sumbeyiwo (ndlr: le médiateur en chef) est allé les voir pour leur demander à quelle heure ils voudraient organiser la cérémonie (vendredi) alors qu'ils étaient toujours en train de discuter», raconte un diplomate présent sur les lieux de négociations tenues à huis clos. «Ils se sont mis d'accord sur 15 heures. Mais ne soyez pas surpris s'il y a du retard. Ils ont encore un gros point de désaccord sur le financement des forces armées basées dans le sud du pays.» Ces unités doivent servir de garantie de sécurité pendant une période de transition de six ans à l'issue de laquelle la population du sud votera dans un référendum d'auto-détermination.

Au tour du Darfour

Le processus de paix, lancé en 2002, a été marqué par la signature de plusieurs protocoles intermédiaires, en particulier sur les partages du pouvoir politique et des immenses ressources pétrolières du pays, ainsi que sur la liberté religieuse pour le sud, à majorité chrétienne et animiste, vis-à-vis du gouvernement islamiste de Khartoum.

L'accord ignore toutefois la situation dramatique du Darfour, dans l'ouest du Soudan, où depuis près de deux ans les forces gouvernementales et leurs milices Janjaweed ont participé à des massacres de civils dans leur lutte contre deux autres mouvements rebelles réclamant, comme au sud, une plus grande autonomie. Selon les bilans des Nations unies, quelques 70 000 personnes ont été tuées et près de 2 millions déplacées par les combats. Mais les Etats-Unis, qui exercent de grosses pressions diplomatiques sur Khartoum, et l'ONU espèrent qu'une solution à la guerre dans le sud permettra de mettre le Darfour sur les rails de la paix.