L’essentiel

  • Au lendemain de la reprise de Kherson par Kiev, l’heure était samedi au déminage, à la réparation des infrastructures et à la documentation de «crimes» imputables à Moscou.
  • Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne ont salué cette «victoire» et renoué leur demande à la Russie de respecter les frontières reconnues au niveau international
  • «La guerre continue, a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba.

A Kherson, les Russes ont commis «les mêmes atrocités» qu'ailleurs

Les troupes russes, qui occupaient la partie de la région de Kherson, récemment reprise par l'armée ukrainienne, y ont commis «les mêmes atrocités» que dans d'autres régions d'Ukraine qu'ils occupaient, déclare Volodymyr Zelensky.

«Les corps des tués sont retrouvés: ceux de civils et de militaires. Dans la région de Kherson, l'armée russe a laissé derrière elle les mêmes atrocités que dans d'autres régions de notre pays, où elle a pu entrer.»

le président ukrainien a promis de «trouver et amener à la justice chaque meurtrier.» Le président a également annoncé que 400 «crimes de guerre» commis par la Russie ont été documentés – sans préciser s'ils concernaient uniquement la région de Kherson.

Sergueï Lavrov est arrivé à Bali pour le sommet du G20

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est arrivé sur l’île indonésienne de Bali pour assister au sommet du G20, où il représentera mardi et mercredi Vladimir Poutine. Le Kremlin a expliqué vendredi l’absence du président russe au G20 par des contraintes d’agenda – mais son absence est perçue comme un signe d’isolement en pleine intervention militaire en Ukraine.

Lire cette analyse: Vladimir Poutine n’a pas besoin du G20

Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé le G20 à se concentrer sur les questions économiques à l’origine de la création de ce format réunissant les grandes économies mondiales plutôt que sur les sujets de sécurité relevant de l’ONU.

«Nous rejetons catégoriquement la politisation du G20, l’introduction de sujets sans rapport et délibérément conflictuels dans ses discussions, et l’isolement de participants sur la base de fausses accusations», déclare-t-il.

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Le chef de Wagner commente l’exécution présumée d’un soldat accusé de désertion

Le chef des mercenaires du groupe Wagner, qui combattent en Ukraine aux côtés de l’armée russe, a commenté dimanche l’exécution présumée, à l’aide d’un coup de masse sur la tête, d’un de ses ex-membres accusé de désertion. Des comptes Telegram proches de Wagner ont publié une vidéo montrant un homme, le crâne scotché à un bloc de pierre, être frappé à la tête avec une massue. Selon ces sources, il s’agirait d’un soldat du groupe s’étant rendu délibérément à l’armée ukrainienne, mais ayant ensuite été repris par les Russes.

«Dans ce spectacle, on voit que (cet homme) n’a pas trouvé son bonheur en Ukraine, mais qu’il a rencontré des personnes peu aimables mais justes», a commenté Evguéni Prigojine, le chef de Wagner, cité dimanche par son service de presse. «C’est un magnifique travail de réalisation, cela se regarde d’une seule traite. J’espère qu’aucun animal n’a été blessé lors du tournage», a-t-il ajouté.

L’AFP, qui diffuse cette noouvelle, n’a pas été en mesure de confirmer l’authenticité de cette vidéo, ni ses auteurs.

Depuis 2014, les mercenaires du groupe Wagner sont accusés de servir les intérêts du régime de Vladimir Poutine dans de nombreuses zones de conflit, allant de la Syrie à l’Ukraine, en passant par l’Afrique et l’Amérique du Sud. Ces derniers mois, le groupe opère activement sur le front ukrainien, en soutien de l’armée russe. Il est accusé d’avoir fait le tour des prisons de Russie pour recruter des détenus pour combattre, en échange de réductions de peine.

En septembre, Evguéni Prigojine, 61 ans, a reconnu avoir fondé cette organisation paramilitaire après des années de déni. Cette semaine, il s’est aussi vanté d’avoir mené des opérations d’influence électorale aux Etats-Unis.

Dans les territoires libérés, les mines tuent

Oleg, le porte-parole de la 63e division, se frotte les yeux dans l’aube grise de Bachtanka, à une soixantaine de kilomètres au nord de la ville de Kherson. Il a fait la fête une partie de la nuit pour célébrer le repli des troupes russes des territoires qu’ils occupaient sur la rive droite du Dniepr. Après une mission à Mikolaïv, lui et plusieurs hommes de sa brigade ont décidé d’aller à Kherson pour y partager la joie des habitants réunis spontanément dans le centre-ville. Car, pour Oleg et ses coreligionnaires comme pour de nombreux Ukrainiens, la libération de cette ville tient de la parabole: elle prouve que le combat de l’armée ukrainienne n’est pas vain et que ce que le Kremlin tentait de bâtir en annexant une partie du pays peut être déconstruit.

Dans les décombres des villages nouvellement libérés, les scènes de liesse se répètent. Les habitants qui avaient refusé de quitter leurs villages, comme le leur enjoignaient les occupants, sortent désormais de leurs caves et de leurs cachettes pour saluer les militaires qui passent en trombe. Une babouchka a mis son pliant au bord de la rue pour ne rien rater du va-et-vient des véhicules militaires ukrainiens. Quand elle ne sourit pas en agitant les bras en signe de bienvenue, elle se fend littéralement la poire. Derrière elle, des bambins font le V de la victoire.

Kherson bouclée

Les occupants russes sont partis, mais la guerre se poursuit plus à l’est, de part et d’autre du Dniepr qui constitue désormais la nouvelle ligne de front. Par ailleurs, les bombes menacent encore et, surtout, les obus non explosés et les mines antipersonnel tuent chaque jour. «Rien que pour la journée de vendredi, j’ai perdu six de mes hommes, explique Arcady, le commandant de la 63e, dans l’explosion de mines.» D’autres officiers comme Oleg craignent que les bombardements russes redoublent d’intensité sur la ville de Kherson ou, pire, que des saboteurs se cachent parmi les civils. «La ville est bouclée, annonce un gradé à un checkpoint. Interdit d’y entrer et d’en sortir. Cela vaut pour tout le monde, y compris les journalistes. Nous devons d’abord vérifier toutes les identités. Nous appelons ça la filtration et la stabilisation.»

L'administration régionale prorusse s'éloigne encore

Samedi soir, c’est sur la rive orientale du fleuve, dans le district de Kakhovka, qu’un ordre d’évacuation a été lancé par les autorités locales prorusses pour leurs employés, vers la région russe de Krasnodar, proche de la Crimée.

«Aujourd’hui, l’administration est la cible numéro un des attaques terroristes des forces armées ukrainiennes. C’est pourquoi, sur ordre du gouvernement de la région de Kherson, en tant qu’organe du pouvoir, nous déménageons vers un territoire plus sûr, d’où nous gouvernerons la zone», a écrit sur Telegram cette administration prorusse, qui appelle également les «résidents» à évacuer.

L’état-major de l’armée ukrainienne a avancé de son côté samedi soir que les forces russes étaient actuellement en train de «renforcer l’équipement de fortification des lignes défensives sur la rive gauche du Dniepr».

«Avant de fuir, les occupants ont détruit toutes les infrastructures essentielles»

«Nous sommes tous fous de joie», a déclaré samedi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a aussi fait état d’importantes destructions dans la région. «Avant de fuir Kherson, les occupants ont détruit toutes les infrastructures essentielles – communication, fourniture d’eau, de chauffage, électricité», a-t-il ajouté, précisant en outre que 2000 engins explosifs avaient été neutralisés.

Selon lui, les forces armées ukrainiennes ont repris le contrôle de près de 60 localités dans la région de Kherson. L’armée y applique des «mesures de stabilisation», a affirmé son état-major samedi soir, en ajoutant que «les représentants de l’administration militaire de l’oblast sont retournés à Kherson et ont commencé à y travailler».

Après huit mois d’occupation par les forces russes, les programmes de la télévision nationale sont à nouveau visibles à Kherson. Et le fournisseur d’énergie de la région a annoncé qu’il travaillait à rétablir l’approvisionnement en électricité.

Documenter les «crimes des occupants russes»

Quelque 200 policiers ont également été déployés pour ériger des barrages et documenter «les crimes des occupants russes», a annoncé le chef de la police nationale, Igor Klymenko, dans un communiqué. Il a également alerté les habitants de la ville sur la présence d’engins explosifs laissés par les forces russes, les appelant à «se déplacer avec précaution». Selon ce responsable, un policier a été blessé lors d’une opération de déminage dans un bâtiment à Kherson.

Une femme et deux enfants ont été blessés par une explosion près de leur voiture dans le village de Mylove, dans la région de Kherson, selon la police, qui a également fait état de bombardements russes sur le district de Berislav.

«Nous avons compris que les Russes étaient partis parce que nos soldats passaient en voiture»

Sur des images diffusées par les forces armées de Kiev, des Ukrainiens dansent en ronde, autour d’un feu, au rythme de «Chervona Kalyna», un chant patriotique.

Le chef de l’administration militaire ukrainienne de la région de Kherson, Yaroslav Yanouchevytch, a publié samedi plusieurs vidéos où il se dit «très heureux d’être ici (à Kherson) aujourd’hui, en ce moment historique». Il a dit que tout était fait pour «revenir à la vie normale». Derrière lui, des personnes massées sur la place principale célèbrent le retour des forces ukrainiennes dans la ville.

Non loin, dans le village de Pravdyné, les habitants de retour serrent leurs voisins dans les bras. Certains ne peuvent retenir leurs larmes. «Nous avons compris que les Russes étaient partis parce que nos soldats passaient en voiture. J’ai eu des larmes de bonheur, que finalement l’Ukraine soit libérée», dit à l’AFP Svitlana Galak, une femme de 43 ans qui a perdu sa fille de 15 ans dans un bombardement sur le village.

Son mari, Viktor (44 ans), ne veut plus entendre parler des Russes: «Nous ne voulons pas qu’ils reviennent et tirent sur tout le monde. Laissez-nous vivre comme avant. Nous vivions dans de mauvaises conditions mais c’était l’Ukraine».

Vladimir Poutine évoque avec Raïssi une «intensification» de la coopération

Le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu par téléphone avec son homologue iranien Ebrahim Raïssi, a annoncé le Kremlin, au moment où Téhéran apparaît comme un allié majeur de Moscou dans son intervention en Ukraine. Les deux dirigeants ont évoqué «une série de questions» liées aux relations bilatérales entre l'Iran et la Russie «en mettant l'accent sur une intensification de la coopération dans les domaines politique, économique et commercial», a indiqué la présidence russe dans un communiqué.

Le Kremlin précise que Vladimir Poutine et Ebrahim Raïssi ont aussi abordé «le domaine des transports et de la logistique», alors que les économies russe et iranienne sont sous le coup de lourdes sanctions occidentales. Cet appel intervient alors que Vladimir Poutine semble de plus en plus isolé sur la scène internationale. Le président russe a notamment renoncé à se rendre, la semaine prochaine, au sommet du G20 en Indonésie.

Alors que la Chine et l'Inde, d'habitude alliées de la Russie, se disent préoccupées par le conflit, Moscou et Téhéran ont entamé un important rapprochement.

Kiev et ses soutiens occidentaux, notamment américains, accusent ainsi la Russie d'utiliser massivement des drones de fabrication iranienne en Ukraine. Des articles de presse ont aussi fait état de potentielles livraisons de missiles sol-sol iraniens à Moscou, des accusations démenties par Téhéran. Début novembre, l'Iran a toutefois reconnu avoir fourni des drones à la Russie, mais a assuré que ces livraisons avaient eu lieu avant l'offensive en Ukraine. Cette semaine, le secrétaire du puissant Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, s'est lui rendu à Téhéran, où il a eu des discussions sur la coopération sécuritaire entre les deux pays.

Banksy dévoile une œuvre à Borodianka

L’artiste britannique Banksy a posté sur son compte Instagram des images d’une œuvre au pochoir peinte sur un bâtiment bombardé de Borodianka, confirmant ainsi en être l’auteur.

L’œuvre réalisée au pochoir sur le mur d’un bâtiment mutilé de Borodianka, une localité située à quelques kilomètres au nord-ouest de la capitale ukrainienne et devenue un symbole de la résistance ukrainienne aux bombardements russes, représente une gymnaste en équilibre sur les gravats.

«Borodianka, Ukraine», a simplement écrit en légende le célèbre artiste de rue travaillant sous pseudonyme. Un certain nombre de dessins au pochoir réalisés dans le style de Banksy sont apparus récemment dans Kiev et ses environs, ce qui laisse penser que l’artiste pourrait être en train de travailler dans la région.

Charles Michel appelle la Chine à convaincre la Russie de respecter le droit international

Le président du Conseil européen Charles Michel a encouragé samedi la Chine à «utiliser tous les moyens» pour convaincre la Russie de respecter le droit international, quelques jours avant le sommet du G20 dominé par les conséquences du conflit en Ukraine. «Nous encourageons les autorités chinoises à utiliser tous les moyens en leur possession pour convaincre la Russie de respecter les frontières internationalement reconnues, à respecter la souveraineté de l’Ukraine», a déclaré le dirigeant à l’AFP.

Charles Michel s’est exprimé depuis Phnom Penh, où il rencontre samedi et dimanche des dirigeants de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean), réunis en sommet. Il doit ensuite s’envoler vers l’île indonésienne de Bali pour assister au G20, aux côtés notamment du président chinois Xi Jinping.

«Il est important dans ce moment brutal de l’histoire humaine qu’il y ait de la coopération internationale et le G20 sera une autre occasion de se regarder les yeux dans les yeux», a-t-il assuré. «Nous nous tenons y compris avec des pays qui n’ont pas exactement les mêmes régimes politiques, mais qui au minimum croient que le droit international doit être protégé», a encore déclaré Charles Michel.

Partenaires, concurrents et rivaux

Les relations entre la Chine et l’Union européenne se sont détériorées depuis l’imposition de sanctions, des deux côtés, au sujet d’accusations de violations de droits de l’homme dans la région chinoise du Xinjiang. Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en février, les dirigeants de l’UE ont à plusieurs reprises appelé Pékin à condamner publiquement les actions de la Russie, sans succès jusqu’à présent. L’Union européenne considère la Chine comme un «partenaire, concurrent économique et rival systémique», selon la formulation adoptée en 2019. Les liens commerciaux restent forts entre les deux, à l’image de l’Allemagne dont le chancelier a été fin octobre le premier dirigeant du G7 à se rendre en Chine depuis le début de la pandémie.

L’Occident sur la voie d’une «victoire commune»

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a déclaré samedi que l’Occident était sur la voie d’une «victoire commune» face à la Russie, tout en saluant l’aide militaire qui a rendu possible la reprise de Kherson.

L’hymne national ukrainien a retenti dans la ville du sud du pays, à la suite du retrait par Moscou de ses forces vendredi. Le chef-lieu avait été la première localité d'envergure à tomber après l’ordre donné en février dernier par Vladimir Poutine à son armée d’envahir l’Ukraine.

«Très peu de gens croyaient que l’Ukraine survivrait», a déclaréDmytro Kuleba lors de sa rencontre avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken en marge d’un sommet de l’Asie du Sud-Est au Cambodge. «Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons l’emporter et chasser la Russie d’Ukraine. Nous sommes sur la bonne voie», a-t-il déclaré. «Cela arrive, et notre victoire sera notre victoire commune – une victoire de toutes les nations éprises de paix à travers le monde». Il a également déclaré que les Ukrainiens qui célébraient la libération de Kherson versaient également des «larmes de gratitude» aux États-Unis pour les milliards de dollars d’aide militaire.

Anthony Blinken a salué le «courage remarquable» des militaires et du peuple ukrainiens et a promis que le soutien américain «se poursuivra aussi longtemps qu’il le faudra» pour vaincre la Russie. Il a condamné la campagne de la Russie visant à «brutaliser» l’Ukraine en attaquant les infrastructures énergétiques civiles. «C’est une chose qui devrait également horrifier le monde entier», a-t-il déclaré.

Londres se réjouit du «nouvel échec stratégique» russe en Ukraine

Le retrait russe de la ville ukrainienne de Kherson marque «un nouvel échec stratégique» de la part de Moscou, s’est réjoui samedi le ministre britannique de la Défense Ben Wallace, estimant que cette défaite allait semer le doute dans l’opinion publique russe.

«Le retrait annoncé par la Russie de Kherson marque un nouvel échec stratégique pour eux. En février, la Russie avait échoué à s’emparer des cibles majeures qu’elle s’était fixées, à part Kherson», a réagi Ben Wallace dans un communiqué. «Désormais, avec (cette ville) également abandonnée, les gens en Russie doivent se demander: "A quoi est-ce que tout ça sert?"», a-t-il ajouté.

La Russie ayant désormais replié ses troupes pour les placer à des positions défensives, le ministre a estimé que l’invasion russe en février «n’a abouti qu’à l’isolement international et à l’humiliation». «Le Royaume-Uni et la communauté internationale continueront à soutenir (les Ukrainiens), et si le retrait est bienvenu, personne ne va sous-estimer la menace que pose la Russie», a-t-il dit.

Le retrait de Moscou n'a pas été dicté directement par les armes

S'il est indéniable que l'acharnement et les compétences de l'armée  ukrainienne ont déjoué les plans du Kremlin, dans l'oblast de Kherson, les réseaux de résistance mis en place par les civils ont largement contribué à malmener les occupants, en plus d'épauler directement les artilleurs ukrainiens.

Cependant, quelque fructueuses qu'aient été les actions conjuguées des partisans et de l'armée ukrainienne, la décision prise par Moscou d'un repli sur la rive gauche du Dniepr n'a pas été directement dictée par las armes; elle a ses raisons que nous ne connaissons pas encore et s'inscrit dans un plan.

«La guerre continue» après la libération de Kherson

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a affirmé samedi que «la guerre continue». Même après le succès de son pays la veille face à l'armée russe dans la reconquête de la ville de Kherson.

L’hymne national ukrainien a retenti à Kherson à la suite du retrait vendredi par Moscou de ses forces de la ville, qui fut la première à tomber après l’ordre donné en février dernier par Vladimir Poutine à son armée d’envahir l’Ukraine. S’exprimant lors d’un sommet de l’Asie du Sud-Est au Cambodge, Dmytro Kouleba a déclaré que la lutte pour libérer le pays se poursuivrait.

«Nous sommes en train de gagner des batailles sur le terrain. Mais la guerre continue», a-t-il déclaré aux journalistes à Phnom Penh, lors d’une rencontre bilatérale avec le premier ministre australien Anthony Albanese en marge du sommet. «Je comprends que tout le monde souhaite que cette guerre prenne fin le plus rapidement possible. Nous sommes certainement ceux qui le souhaitent plus que quiconque», a-t-il déclaré.

«Mais tant que la guerre se poursuivra, et que nous verrons la Russie mobiliser davantage de conscrits et acheminer davantage d’armes vers l’Ukraine, nous continuerons bien sûr à compter sur votre soutien continu», a-t-il aussi relevé.

En octobre, l’Australie a promis à l’Ukraine 30 véhicules blindés Bushmaster supplémentaires et a alloué 70 membres du personnel de défense australien pour former les soldats ukrainiens en Grande-Bretagne. Dmytro Albanese a déclaré que la poursuite du «ciblage des civils ukrainiens par les forces de Vladimir Poutine était répréhensible».

C'est la Russie qui doit décider si elle veut négocier, pas l'Ukraine, selon la Maison Blanche

La Maison Blanche a salué samedi ce qui semble être une «victoire extraordinaire» pour l’Ukraine après le retrait forcé de l’armée russe et la reprise de la ville de Kherson. «C’est un grand moment», a commenté le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan.

«Il semble que les Ukrainiens viennent de remporter une victoire extraordinaire: la seule capitale régionale que la Russie avait saisie dans cette guerre est maintenant de retour sous le drapeau ukrainien, ce qui est tout à fait remarquable», a déclaré à la presse le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, alors qu’il accompagnait le président Joe Biden au sommet de l’Asean au Cambodge.

Il s’exprimait après l’entrée des troupes ukrainiennes dans la ville, qui constitue un nouveau revers cinglant pour Moscou après bientôt neuf mois de guerre en Ukraine. Le retrait des forces russes aura «des implications stratégiques plus larges», notamment en atténuant la menace à plus long terme que fait peser la Russie sur d’autres villes du sud de l’Ukraine, comme Odessa, a-t-il déclaré. «C’est un grand moment et il est dû à l’incroyable ténacité et à l’habileté des Ukrainiens, soutenus par l’appui uni et incessant des Etats-Unis et de nos alliés», a-t-il ajouté.

«Revendications farfelues»

Interrogé sur les informations selon lesquelles l’administration Biden aurait commencé à faire pression sur le président Volodymyr Zelensky pour qu’il envisage des négociations avec Moscou, Jake Sullivan a déclaré que c’était la Russie, et non l’Ukraine, qui devait décider de s’asseoir ou non à la table des négociations. La Russie, a-t-il dit, continue à avoir des «revendications farfelues» concernant ses annexions autoproclamées de terres ukrainiennes, alors même qu’elle recule devant les contre-offensives ukrainiennes.

«L’Ukraine est le parti de la paix dans ce conflit et la Russie est le parti de la guerre. La Russie a envahi l’Ukraine. Si la Russie choisissait d’arrêter de se battre en Ukraine et de partir, ce serait la fin de la guerre. Si l’Ukraine choisissait d’arrêter de se battre et d’abandonner, ce serait la fin de l’Ukraine, a-t-il ajouté. Dans ce contexte, notre position reste la même que par le passé et fondamentalement, elle est en étroite consultation et en soutien du président Zelensky.»