Même veste à col mao, même coupe de cheveux, même visage rondouillard. Le nouveau leader de la Corée du Nord, Kim Jong-un, ressemble à s’y méprendre à son père Kim Jong-il, et surtout à son grand-père, Kim Il-sung, fondateur et premier dirigeant de la Corée du Nord, de 1948 à sa mort en 1994. Jusque dans son apparence, il a été préparé à leur succéder pour perpétuer le culte de la personnalité voué au «président éternel» du pays. Certains médias sud-coréens vont jusqu’à suggérer qu’il aurait subi des opérations chirurgicales pour parfaire les similitudes. Une rumeur de plus, puisque l’on ne sait rien ou presque sur son compte, tant la dictature nord-coréenne a poussé l’art du secret à son paroxysme.

«L’étoile du XXIe siècle»

Il est né en 1983, ou peut-être en 1984, de l’union entre Kim Jong-il et Ko Yong-hee, danseuse de la troupe Mansudae. Le couple a eu un autre fils, Kim Jong-chol, et une fille, Kim Yeo-jong. La tradition confucéenne aurait voulu que l’aîné, Kim Jong-nam, issu d’un précédent mariage, succède à son père. Mais ce dernier a perdu ses chances quand il a été arrêté au Japon en 2001 en possession d’un faux passeport dominicain alors qu’il voulait visiter Disneyland. Quant au second, il était jugé trop «efféminé» par le leader. Le cadet, lui, aurait des prédispositions de dictateur. Comme son père, il souffre de diabète et d’hypertension. Et, tout comme lui, il serait autoritaire. C’est précisément pour cela qu’il aurait été choisi. «C’est le fils préféré, il a les traits du père», écrivait un transfuge japonais sous le nom de Kenji Fujimoto en 2003 dans ses Mémoires. Ce chef cuisinier avait passé 13 ans au service des Kim. Il décrit une vie de famille à l’opposé de celle de tout Nord-Coréen, entre parties de billard, jet ski et équitation.

Il parlerait le Berntütsch

Kim Jong-un aurait aussi pratiqué le ski sur les pistes de Grindelwald ou de Zweisimmen, à en croire une enquête sur le séjour en Suisse du fils du dictateur publiée par L’Hebdo en 2009. L’«étoile du XXIe siècle» parlerait le Berntütsch après avoir fréquenté l’International School of Berne de Grümlingen à la fin des années 1990, puis l’école Steinhölzli à Liebefeld. Il se serait fait passer pour Chol Pak, fils d’un chauffeur. Selon un ancien élève cité par le Tages-Anzeiger, ce discret camarade de classe coréen lui aurait avoué qu’il était «le fils du président». Fan du joueur de la NBA Michael Jordan et des films de Jackie Chan, il passait son temps libre à jouer au basket.

Il est envoyé à l’université militaire Kim Il-sung de Pyongyang en 2002. Depuis l’accident cérébral de son père en 2008, les rumeurs sur sa succession s’intensifient. En 2010, il est promu au rang de général quatre étoiles et vice-président de la Commission centrale militaire du parti du Travail. C’est alors que, pour la première fois, les Nord-coréens découvrent son visage actuel.