La dernière fois que le Parti des travailleurs de la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) s’est réuni, Kim Jong-un, l’actuel leader du pays, n’était pas encore né. C’était en 1980 et Kim Il-sung, fondateur du régime, annonçait que son successeur ne serait autre que son fils Kim Jong-il. Son petit-fils, Kim Jong-un, a convoqué pour le 6 mai ce qui sera la 7e réunion du parti unique depuis 1948, a annoncé mercredi l’agence de presse nord-coréenne KCNA sans donner davantage d’information.

Ce congrès sera l’occasion de découvrir le nouveau visage de la dictature nord-coréenne, Kim Jong-un promettant l’avènement d’une «nouvelle jeunesse». Si Kim Il-sung avait promu l’idéologie du Juche (une théorie ancrée dans le marxisme-léninisme prônant l’autarcie), Kim Jong-il avait complété le propos avec la politique dite de Songu qui faisait la part belle à l’armée. Kim troisième du nom sera-t-il tenté d’adopter une autre doctrine pour imposer sa marque? Depuis sa prise de pouvoir en 2012, à la mort de son père, il a poursuivi sa voie en promouvant des réformes économiques associées à un renforcement militaire.

Nouvel essai nucléaire?

C’est pour asseoir son pouvoir à la veille de ce rendez-vous crucial que le jeune leader, un temps formé à l’école bernoise, a multiplié depuis le début de l’année les démonstrations de force. Le 6 janvier, il procédait à un essai nucléaire (le quatrième depuis 2006); puis, en février, la mise en orbite d’un satellite attestait de la maîtrise des fusées de longue portée; cette semaine enfin, Pyongyang annonçait la réussite d’un tir missile balistique à partir d’un sous-marin. Cette dernière prouesse est sans doute la plus remarquable, la capacité de projection de l’armée nord-coréenne s’en trouvant transformée alors que le territoire américain est d’autant plus menacé.

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Dans l’immédiat, c’est un nouvel essai nucléaire qui est toutefois redouté. La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, déclarait mardi que Pyongyang avait achevé les préparatifs pour une détonation. «On peut s’interroger sur la nécessité d’un nouvel essai, note toutefois un diplomate occidental. L’effet recherché a été atteint en janvier. Il faut par ailleurs plus de temps pour tirer les enseignements d’un essai avant de renouveler l’exercice. Jusqu’à présent, ils étaient espacés de deux à trois ans.»

Chine inquiète

Les Nations unies ont voté un train de sanctions en début d’année pour dissuader Pyongyang de poursuivre un programme nucléaire qui menace l’équilibre stratégique de toute la région. La Chine, principal allié de la Corée du Nord, ne cache plus son inquiétude comme en témoignait encore récemment à Pékin le président Xi Jinping à son hôte suisse Johann Schneider-Ammann lors de sa visite d’État.

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Ce congrès du Parti des travailleurs intervient au lendemain d’une sévère défaite électorale du parti de la présidente de Corée du Sud. Privée de majorité au parlement, Park Geun-hye pourrait être tentée de revenir à une politique plus accommodante envers son voisin du Nord. A moins que ce soit le contraire, note le même diplomate. Le congrès pourrait durer de quatre à cinq jours.