C’est la troisième fois en quinze ans qu’un président kirghiz est contraint à la démission avant le terme de son mandat. Sooronbay Jeenbekov, élu démocratiquement en 2017, a annoncé jeudi quitter ses fonctions après dix jours de troubles violents dans l’ex-république soviétique. Un fiasco dû à la falsification manifeste du scrutin parlementaire du 4 octobre. Entièrement purgé des législateurs originaires du nord du pays, le parlement s’est retrouvé entre les mains de quatre partis, tous alliés du président.

L’éruption de violence qui a suivi a douché l’hubris de Sooronbay Jeenbekov. «Les forces militaires et de sécurité seront obligées d’utiliser leurs armes pour protéger la résidence de l’Etat. Le sang sera inévitablement versé, a-t-il déclaré dans un communiqué. Je ne veux pas entrer dans l’histoire du Kirghizistan en tant que président qui a versé du sang et tiré sur ses propres citoyens.»