Kofi Annan avait été nommé le 23 février dernier mais son plan de paix en six points pour régler le conflit en Syrie, prévoyant une cessation des combats entre gouvernement et opposition armée et une transition politique, n’a jamais pu être appliqué.

Ban Ki-moon a exprimé sa très profonde gratitude à Kofi Annan pour ses efforts courageux et déterminés et son profond regret de le voir partir.

«Je n’ai pas reçu tous les soutiens que la cause méritait. Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs», a affirmé Kofi Annan, lors d’une conférence de presse annoncée à la dernière minute par l’ONU.

Critiquant l’absence de transition politique dont les termes avaient fait l’objet d’un accord entre les pays réunis le 30 juin à Genève, Kofi Annan a affirmé que «la transition politique signifie que Assad doit tôt ou tard partir». Il a par ailleurs indiqué ne pas exclure que son successeur ait «plus de chance» et de «réussite» pour mener la Syrie vers la transition politique, excluant toutefois l’option «militaire».

Il a aussi indiqué avoir entamé des consultations avec le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi pour nommer rapidement un successeur qui puisse poursuivre ces efforts de paix essentiels.

La Suisse salue les efforts entrepris par Kofi Annan

La Suisse a «pris note» jeudi de la décision de Kofi Annan de ne pas renouveler son mandat de médiateur pour la Syrie à la fin août. Elle salue ses efforts dans la recherche d’une solution politique négociée à la crise syrienne et estime que ces efforts doivent être poursuivis par son successeur.

«Seule une solution politique, négociée d’entente avec toutes les parties et répondant aux aspirations légitimes de la population syrienne, permettra de résoudre la crise qui secoue la Syrie et qui fait chaque jour de nombreuses victimes», indique le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans une prise de position.

Berne «demeure disposée à apporter son soutien à la recherche d’une telle solution, notamment dans les domaines où elle bénéficie d’une expertise reconnue». La promotion du droit international humanitaire, la lutte contre l’impunité, l’assistance humanitaire pour les plus touchés et le soutien politique aux efforts de la communauté internationale font parties de ces domaines.

En visite vendredi à Beyrouth, le chef du DFAE Didier Burkhalter avait déjà fait part de la disponibilité de la Suisse à s’engager dans le dossier syrien. La Suisse est «réputée pour ses bons offices. Nous souhaitions rappeler par notre présence que nous sommes prêts à jouer un rôle» dans la résolution des conflits qui agitent la région, avait-il dit.

Didier Burkhalter avait également annoncé que la Confédération allait œuvrer pour que la Cour pénale internationale (CPI) ouvre des enquêtes sur les crimes contre l’humanité. Un message réitéré mercredi à Londres lors d’un entretien avec le chef de la diplomatie britannique William Hague.

Chine et Russie accusées par les USA

Les Etats-Unis ont accusé jeudi la Chine et la Russie d’être responsables de la démission de Kofi Annan de son poste de médiateur pour la Syrie. Cela, en raison du blocage systématique que ces deux pays ont opposé aux projets de résolution pour sortir de la crise au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney, a souligné à bord de l’avion Air Force One que le départ d’Annan mettait également en lumière le refus du président syrien Bachar el-Assad de faire cesser les massacres dans son pays.

L’UE veut un nouveau négociateur

Exprimant ses «profonds regrets», la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, a appelé jeudi à la désignation urgente par l’ONU et la Ligue arabe d’un successeur à Kofi Annan après sa démission en tant que médiateur pour la paix en Syrie.