Poursuivant son inlassable tournée des capitales pour tenter d’enrayer le drame syrien, Kofi Annan, le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, fera route ce lundi pour Moscou. Il doit y rencontrer mardi le président russe, Vladimir Poutine. D’après les services de communication du Kremlin, la Russie a l’intention de «souligner son soutien au plan de paix de Kofi Annan, […] seule plateforme viable pour résoudre les problèmes internes de la Syrie». C’est la deuxième fois que l’émissaire se rend à Moscou; la première fois, en mars dernier, il avait rallié l’ancien président Dmitri Medvedev à son plan en six points.

Inclure l’Iran

Si la Russie fait systématiquement obstruction à tout projet de résolution contraignante du Conseil de sécurité à l’égard de Damas, elle partage avec Kofi Annan certaines idées, notamment celle d’inclure l’Iran dans les discussions internationales sur la Syrie.

Dans la foulée de cette visite, le Ghanéen devrait s’envoler pour la Chine, tandis qu’à New York une éventuelle reconduction du mandat de la mission des observateurs en Syrie, qui échoit officiellement le 20 juillet, sera âprement débattue dans l’enceinte onusienne.

Sur le terrain, ces observateurs se sont rendus à plusieurs reprises ces derniers jours à Treimsa, village des abords de Hama, dans le centre du pays, et théâtre jeudi dernier d’un «massacre», selon les sources de l’opposition syrienne, qui aurait fait 150 morts. Sausan Ghosheh, le porte-parole de la mission, a estimé que l’attaque dont le village a été l’objet «semblait viser des groupes et des maisons spécifiques, en majorité de déserteurs et de militants». «Il y avait des mares de sang et des taches de sang dans les pièces de plusieurs maisons, de même que des douilles», a-t-il précisé.

D’après la mission, le bilan «est toujours incertain», mais il ne fait aucun doute que «de nombreux types d’armes» ont été utilisés, «de l’artillerie, des obus de mortier et des armes légères», en contravention avec le plan Annan. Damas n’en continue pas moins de nier tout «massacre» à Treimsa. «Ce n’était pas une attaque de l’armée contre des civils, mais des combats entre l’armée régulière et des groupes armés», assurent les Affaires étrangères syriennes. La violence n’a pas semblé refluer d’un iota ce week-end en Syrie. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a ainsi fait savoir que les combats «les plus violents» depuis l’éclatement de la révolte secouaient plusieurs quartiers de Damas dimanche soir.