«Si la crise au Kosovo n'est pas contenue, cela peut être la fin des accords de paix de Dayton et le début d'une nouvelle guerre dans toute la région.» Hier à Genève, Jiri Dientsbier, rapporteur spécial sur l'ex-Yougoslavie, et ancien ministre tchèque des Affaires étrangères, a demandé à la communauté internationale d'intensifier ses pressions en vue de parvenir à un règlement négocié. Il a aussi préconisé l'utilisation de «la force militaire pour faire respecter une telle solution politique».

Jiri Dientsbier a mis en garde les belligérants contre les risques d'un embrasement régional, ajoutant que la communauté internationale ne peut se permettre «une nouvelle et plus grande catastrophe dans les Balkans après la guerre en Bosnie».

Dans la foulée, il a condamné les opérations militaires serbes qui ont conduit à la destruction de villages et à la fuite de plus de 100 000 Kosovars de leurs maisons. Il s'est cependant refusé à parler de «nettoyage ethnique», parce que «les déplacements de population interviennent à l'intérieur du Kosovo». Il a aussi adressé un coup de semonce à l'armée de libération nationale, l'UCK, citant l'un de ses représentants qui a appelé à la création d'une grande nation qui regrouperait les Albanais du Kosovo, de Macédoine, du Monténégro: «Cette idée est inacceptable. Il y a des minorités partout en Europe. Cela reviendrait à remettre en cause les frontières en Europe et à casser la situation dans les Balkans à nouveau. La solution ne réside pas dans une atomisation du continent, en fonction de critères ethniques, mais dans la démocratisation des sociétés», a-t-il affirmé.

Jiri Dientsbier a aussi vertement critiqué l'UCK pour son attitude irresponsable en faisant venir des milliers de Kosovars de Suisse et d'Allemagne avec de l'argent et des armes pour faire la guerre. Il a aussi déploré le fait que les combattants indépendantistes se servent de la population civile comme d'un bouclier, alors que «les gens ne veulent pas se battre».