Moyen-Orient

Les Kurdes piégés appellent Damas à l’aide

Lâchées par l’Occident servi pendant des années, les Forces démocratiques syriennes ont dû se résoudre à passer un accord avec le régime syrien pour contrer l’offensive turque sur leur territoire. En cinq jours, tandis que 130 000 personnes étaient jetées sur les routes, leur monde s’est effondré

A l’Hôpital de la Miséricorde, à Qamichli, la plus grande ville kurde de Syrie, le monde semble s’être effondré ce dimanche 13 octobre. Un homme hurle de douleur, la peau du visage en lambeaux, tandis qu’un soignant lui bande la jambe et qu’un autre, impassible, inscrit au marqueur sur son torse des instructions médicales. Une infirmière sexagénaire, les yeux fardés à l’excès, observe la scène, debout dans la cohue. Le docteur Shamel a du sang sur sa blouse verte tout élimée. Il vient de recoudre une blessure profonde. «Trump, Macron, Johnson… vous nous avez utilisés, maintenant vous vous débarrassez de nous! Les seuls responsables de tout ça, c’est cette coalition de menteurs, ce Conseil de sécurité de menteurs, ces pays de menteurs», scande le docteur Shamel, dans un anglais furieux, désespéré.

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