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Laurent Fabius, l’ancien président de la conférence de Paris sur les changements climatiques.
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Climat

L’accord de Paris pourrait entrer en vigueur d’ici à la fin de l’année

Le processus de ratification a débuté lentement. Mais les Etats-Unis et la Chine pourraient lui donner très bientôt un élan décisif

Laurent Fabius se dit «inquiet». L’ancien président de la conférence de Paris sur les changements climatiques s’est fendu cette semaine d’un article dans les colonnes du Monde pour dénoncer la lenteur avec laquelle est mis à exécution, selon lui, l’accord planétaire arraché en décembre passé. «Des difficultés majeures apparaissent ou se confirment qu’il serait irresponsable d’occulter», écrit-il, en pointant notamment du doigt le processus de ratification, à son avis laborieux.

Lire aussi: La politique climatique suisse en ordre de marche

Qu’en est-il? Adopté par 197 parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, l’accord de Paris a été ouvert aux signatures le 22 avril dernier, au siège des Nations unies à New York, pour une période d’un an. Or, à ce jour, 180 Etats et entité politique (l’Union européenne) ont franchi cette étape. Ne manquent plus à l’appel que 17 pays, certains déchirés par la guerre, comme la Syrie, l’Irak et le Yémen, d’autres freinés pour d’autres motifs, tels le Nigeria, l’Arabie saoudite et l’Ouzbékistan.

Mais c’est l’étape suivante, celle de la ratification, qui serait préoccupante. Il est prévu que l’accord de Paris n’entre en vigueur qu’un mois après sa ratification par au moins 55 Etats représentant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre de la communauté internationale. Or, seuls 23 pays (de minuscules archipels pour la plupart), représentant à peine plus de 1% des émissions humaines, y ont jusqu’ici consenti. Manquent encore des dizaines de signataires, à commencer par les cinq principaux «émetteurs mondiaux», la Chine, les Etats-Unis, l’Union européenne, l’Inde et la Russie.

Mais la situation n’a rien de dramatique. Il est rare qu’un traité international entre en vigueur dans l’année qui suit son adoption, ne serait-ce qu’en raison de l’obligation fréquente d’obtenir l’aval des parlements. Et puis d’importantes ratifications seraient imminentes. Le quotidien South China Morning Post a assuré il y a quelques jours que le président américain Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping allaient annoncer la ratification de l’accord par leurs pays respectifs lors du prochain sommet du G20, qui va se tenir les 4 et 5 septembre à Hangzhou. Un développement spectaculaire qui ajouterait d’un coup dans l’escarcelle 38% d’émissions de gaz à effet de serre… et ne manquerait pas de produire un effet d’entraînement.

Il ne paraît dès lors pas exclu que l’accord entre en vigueur d’ici à la fin de l’année. Mais sans les pays de l’Union européenne et sans la Suisse, qui ont pourtant été à la pointe des négociations climatiques ces dernières années. Les 28 ont pour handicap de devoir déposer conjointement leurs ratifications, ce qui signifie par exemple que celle de la France, acquise le 15 juin, n’est toujours pas comptabilisée et risque de ne pas l’être avant longtemps en raison des très fortes réticences de la Pologne. Quant à la ratification de la Suisse, même dans l’hypothèse où aucun référendum ne serait lancé à son encontre, elle n’est pas prévue avant l’automne 2017.

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