Cinq mois après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, l’accord russo-ukrainien signé à Istanbul – à condition qu’il soit appliqué – ne représente pas seulement un soulagement pour Kiev et le reste du monde. Il donne aussi un grand coup de pouce à la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan, hôte et principal artisan de ces négociations. Ankara concrétise enfin le rôle qu’elle s’était attribué dès le début du conflit: celui de médiateur entre les deux belligérants, près avoir tenté en vain de parrainer un cessez-le-feu sur le terrain militaire – des pourparlers restés lettre morte depuis la précédente rencontre entre Russes et Ukrainiens à Istanbul à la fin mars.