Syrie

Lâchés seuls face à la Turquie, les Kurdes «n'ont plus rien à perdre»

Une éventuelle invasion turque provoquerait un afflux de réfugiés, notamment vers le nord de l’Irak, ainsi qu’une longue guerre de guérilla. Les Kurdes s’accrochent à l’espoir que quelqu’un les sauvera de leur pire ennemi. Les Russes?

Les médias favorables au président syrien Bachar el-Assad ont sorti l’ironie lourde. Le président Assad avait «mis en garde» les Kurdes à de très nombreuses reprises: «Les Américains ne vont pas vous protéger», leur disait-il. Ou encore: «Ils vous ont mis dans leur poche, mais ils vous utiliseront comme une monnaie d’échange.» La populaire commentatrice Marwa Osman, basée au Liban, est de ceux qui se délectent aujourd’hui: «Les Kurdes étaient l’instrument des Américains. Et maintenant, c’est fini», note-t-elle sur les réseaux sociaux.

Même si Donald Trump a semblé revenir mardi sur ses déclarations de la veille, ajoutant la confusion à l’effroi, les forces kurdes syriennes ne sont pas loin de partager désormais la même conclusion que ces commentateurs proches du régime de Damas: «C’est fini!» En sonnant le départ des dernières troupes américaines stationnées le long de la frontière entre la Syrie et la Turquie, et en semblant accueillir favorablement une invasion de la région par la Turquie, les Etats-Unis ont «poignardé» les forces kurdes, affirme leur porte-parole Kino Gabriel. «Washington ne nous a donné aucune assurance, explique-t-il. Nous devons maintenant nous défendre seuls, par tous les moyens.»