La nouvelle a déclenché un tollé parmi les défenseurs des droits des minorités. L’administration du président américain Donald Trump a annoncé mercredi qu’elle mettait fin à un dispositif fédéral de protection des droits étudiants transgenres.

Les ministères de la Justice et de l’Education, dirigés tous deux par des conservateurs chrétiens, ont publié mercredi soir un bref communiqué signalant qu’ils «retiraient les recommandations faites au titre de l’article IX (antidiscrimination) en 2015 et en 2016», sur l’accès à des installations non mixtes, comme des vestiaires ou des toilettes par exemple.

Il revient donc de nouveau aux Etats fédérés et aux districts scolaires de trancher dans ce qui avait été surnommé «la guerre des toilettes».

Les promesses de Donald Trump: «De la rhétorique creuse»

Dès l’annonce faite par les deux ministères, Mara Keisling, responsable du centre national pour l’égalité transgenre a jugé que cette décision était «tout simplement et dangereusement, mauvaise et fausse».

«Révoquer les recommandations démontre que les promesses du président Trump de protéger les droits de la communauté LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi et Trans) étaient tout simplement de la rhétorique creuse», a accusé James Esseks, le responsable LGBT de l’ACLU, la plus importante association de défense des droits civiques aux Etats-Unis. Il a toutefois souligné que la décision de l’administration ne privait pas les étudiants transgenres du droit à être protégés de toute discrimination.

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La «guerre des toilettes» avait été déclenchée par le gouverneur de Caroline du Nord d’alors, Pat McCrory, qui imposait notamment l’utilisation des toilettes publiques en fonction de l’identité sexuelle et non de l’identité de genre.

Les étudiants transgenres sont souvent victimes d’humiliations et de vexations du fait de leurs camarades ou des administrations scolaires, qui maîtrisent mal les questions d’identité de genre.

Avantage aux conservateurs, majoritaires dans les Etats fédérés

Betsy DeVos, la ministre de l’Education – elle-même très controversée – a souligné dans un communiqué que «le département des droits civiques du ministère s’engageait à enquêter sur toute plainte de discrimination ou de harcèlement contre ceux qui sont le plus vulnérables dans nos écoles».

La promulgation de la loi HB2 en Caroline du Nord avait immédiatement déclenché un mouvement de protestation, incarné par des artistes mais aussi de nombreuses multinationales, qui ont boycotté l’Etat et refusé de s’y installer ou de s’y produire.

Le président Barack Obama avait pris le parti de mettre en œuvre des mesures fédérales au titre de l’article IX permettant aux écoliers et étudiants de se rendre dans les toilettes et les vestiaires du genre avec lequel ils s’identifient et non pas celui qui est sur leur acte de naissance. En retour, toute la droite chrétienne s’était insurgée craignant une multiplication des agressions dans les toilettes des femmes. Les partisans des restrictions avaient également amené l’affaire devant la justice.

Donald Trump avait clairement exprimé qu’il souhaitait laisser les Etats fédérés trancher, donnant ainsi l’avantage aux conservateurs, majoritaires au sein de bon nombre d’entre eux.

La Cour suprême doit se pencher sur ce dossier le mois prochain et étudier le cas d’un lycéen de 17 ans, né femme mais qui s’identifie en tant qu’homme. Il est allé en justice pour pouvoir utiliser les toilettes pour garçon dans son école de Virginie.

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