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A New York vendredi, le secrétaire d’État Rex Tillerson a dramatisé la question nord-coréenne devant le Conseil de sécurité qu’il présidait: «Ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce que la Corée du Nord frappe le territoire des Etats-Unis. […]…
© Richard Drew / AP PHOTO

Genève internationale

L’administration Trump durcit le ton face à la Corée du Nord

L’ambassadeur des Etats-Unis auprès de la Conférence du désarmement estime que Pyongyang est la plus grave menace pour le Traité de non-prolifération nucléaire

Face à Pyongyang, l’administration de Donald Trump durcit le ton. Ambassadeur américain auprès de la Conférence du désarmement à Genève, Robert Wood l’a déclaré vendredi au Palais des Nations: «La Corée du Nord est la plus grande menace pour le TNP», le Traité de non-prolifération nucléaire qui célébrera ses 50 ans lors de la conférence de révision en 2020.

Le diplomate américain a exprimé ses vives inquiétudes au sujet de la capacité de la communauté internationale à résoudre le lancinant problème du nucléaire nord-coréen, surtout après les récents tests de missiles balistiques.

«L’ère de la patience stratégique est terminée»

Ses propos précèdent des négociations de deux semaines que les Etats parties au TNP vont entamer à Vienne à partir de mardi dans le cadre du comité préparatoire de la conférence de révision du traité. Ils s’inscrivent dans une offensive de l’administration Trump pour tenter de ramener le consensus dans la lutte contre la prolifération nucléaire. A New York vendredi, le secrétaire d’État Rex Tillerson a dramatisé la question nord-coréenne devant le Conseil de sécurité qu’il présidait: «Ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce que la Corée du Nord frappe le territoire des Etats-Unis. […] L’ère de la patience stratégique est terminée.»

Le chef de la diplomatie américaine a appelé le Conseil de sécurité à renforcer les sanctions contre Pyongyang, car il «n’y a pas de raison de croire que la Corée du Nord va changer d’attitude». Pour l’administration républicaine, il y a bien sûr des préconditions à remplir pour que le dialogue direct avec le régime de Kim Jong-un puisse un jour s’instaurer, comme semblait récemment le souhaiter Donald Trump.

Volonté d’accroître l’isolement de Pyongyang

Rex Tillerson exhorte à accroître l’isolement de Pyongyang en termes de financement et à suspendre les flux de travailleurs nord-coréens allant travailler en Chine. A cet égard, Robert Wood a été explicite vendredi: la Chine doit en faire beaucoup plus pour résoudre pacifiquement le casse-tête nucléaire nord-coréen, ce d’autant que le commerce nord-coréen dépend à 90% de Pékin. Et pour mieux enfoncer le clou, le secrétaire d’État l’a répété une énième fois, refusant d’adopter un ton plus conciliant: «Toutes les options sont sur la table.»

Paradoxalement, la Maison-Blanche et Séoul ne sont pas non plus toujours sur la même longueur d’onde. Par rapport à l’installation en cours du bouclier antimissile américain Thaad sur le territoire sud-coréen, Donald Trump a déclaré: «J’ai informé la Corée du Sud qu’il serait approprié qu’ils payent. C’est un système à un milliard de dollars.» La réponse de Séoul ne s’est pas fait attendre. Liée par un traité de sécurité datant de la guerre de Corée (1950-1953), la Corée du Sud accueille sur son territoire près de 28 000 soldats américains. Elle met à disposition ses infrastructures pour l’installation du bouclier, mais en aucun cas n’est-elle prête à payer la facture du bouclier antimissile.

Un monde extrêmement divisé

La volonté américaine de convaincre d’autres Etats à s’embarquer dans son combat est toutefois battue en brèche. Rarement le monde n’a été aussi divisé. Voici quelques semaines, plus de 130 Etats ont participé à New York à un premier sommet pour échafauder un traité d’interdiction des armes nucléaires.

Leur constat est simple: les puissances nucléaires reconnues par le TNP ne respectent pas l’obligation que leur impose l’article 6 du traité de réduire leurs arsenaux nucléaires. L’ambassadeur Robert Wood met pourtant en garde: «Par un tel traité d’interdiction, certains pourraient chercher à prendre en otage le comité préparatoire pour la conférence de révision du TNP. Nous allons pourtant nous activer pour tenter, même si ce ne sera pas facile, de rebâtir le consensus dans le cadre des Etats parties au TNP.» Pour Robert Wood, l’environnement sécuritaire mondial n’est pas adapté pour l’adoption d’un traité d’interdiction lequel, selon lui, ne permettrait pas de supprimer la moindre arme nucléaire.

Attitude de Washington ambiguë

L’attitude de Washington en la matière n’en reste pas moins ambiguë. Donald Trump a promis d’accroître les capacités nucléaires de l’Amérique. L’ambassadeur Robert Wood relève que l’administration américaine soutient fermement le TNP, mais face à la modernisation drastique des arsenaux nucléaires russe et chinois, «nous n’avons d’autre choix que de moderniser le nôtre». Dans le domaine nucléaire, les Etats-Unis, ajoute-t-il, ne peuvent pas accepter de devenir la deuxième voire troisième puissance mondiale.

Et puis sans les moderniser, l’arsenal nucléaire américain, actuellement sûr, pourrait devenir obsolète et dangereux. Barack Obama lui-même, de façon surprenante, avait lui-même approuvé une telle modernisation chiffrée à 1000 milliards de dollars sur trente ans.

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