L'administration du président Trump s'apprêterait à vendre des armes à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Cette mesure pourrait être prise dans les prochains jours, selon le New York Times qui cite des responsables et élus américains, actuels ou anciens.

D'après le quotidien, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo et d'autres hauts responsables sont en train de pousser le gouvernement à invoquer une disposition d'urgence pour permettre au président Donald Trump d'empêcher le Congrès de bloquer ces ventes, actuellement en suspens.

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C'est le sénateur démocrate Chris Murphy qui a d'abord fait état de ce projet mercredi en public. «J'entends dire que Trump pourrait utiliser une faille dans la loi sur le contrôle des armes» pour permettre «une nouvelle vente d'envergure de bombes à l'Arabie saoudite», a-t-il tweeté.

«Trump prétendrait que la vente est une 'urgence', ce qui veut dire que le Congrès ne pourrait voter contre. Elle se produirait automatiquement», a-t-il ajouté. Or «il n'y a aucune urgence à vendre des bombes à l'Arabie pour qu'elle les lâche sur le Yémen. Les Saoudiens bombardent des civils donc s'il y a une urgence, c'est une urgence humanitaire provoquée par les bombes que nous vendons aux Saoudiens», a-t-il lancé.

Grand malaise

Sollicité par l'AFP mercredi, le département d'Etat s'était borné à dire qu'il ne commentait pas les potentielles ventes d'armes «jusqu'à ce que le Congrès en soit formellement notifié».

Cette révélation intervient au moment où les tensions s'intensifient entre les Etats-Unis et l'Iran, grand rival de l'Arabie saoudite au Moyen-Orient. La question des relations avec Ryad, proche allié de Washington, est sensible chez les élus démocrates comme républicains en raison notamment de la guerre au Yémen.

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Le Congrès américain avait adopté en avril une résolution exigeant du président «le retrait des forces armées américaines des hostilités» au Yémen, à l'exception des opérations visant Al-Qaïda. Donald Trump y a mis son veto. La réaction jugée tiède du président républicain face à Ryad après le meurtre en octobre 2018 à Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi, par un commando venu d'Arabie saoudite, avait aussi créé un grand malaise chez les élus américains.