L’ouragan Iréne a frappé ce week-end la côte Est des Etats-Unis, faisant douze morts. Il a été rétrogradé en tempête tropicale alors qu’il atteignait dimanche matin New York, où il a provoqué des inondations et de fortes pluies. La catastrophe redoutée n’a toutefois pas eu lieu.

New York «s’en est sortie», a déclaré le responsable des services de secours de la ville Joseph Bruno. «Certaines parties de la ville sont inondées, il y a de la pluie, mais globalement, je pense que nous nous en sommes sortis», a-t-il déclaré sur CNN.

Il a également évoqué des «milliers d’arbres à terre ou endommagés, de nombreux débris, et des inondations». Plus de 70 000 personnes ont été privées d’électricité dans la métropole.

Mais dimanche en milieu de matinée, la pluie avait faibli, la circulation reprenait progressivement, et certains New Yorkais se promenaient en famille, dans une ville toujours privée de transports en commun.

New York s’était pourtant préparée au pire: dans une mesure sans précédent, son maire Michael Bloomberg avait ordonné vendredi l’évacuation obligatoire de 370’000 personnes vivant dans des zones inondables.

Autre fait sans précédent, tous les transports en commun avaient été suspendus samedi et le restaient dimanche, promettant une joyeuse pagaille lundi matin. Une mesure similaire était prévue dimanche à Boston. Les aéroports de «Big Apple» étaient également fermés et des milliers de vols ont été annulés.

Samedi soir, New York ressemblait à une ville morte. A Manhattan, les bars et restaurants étaient fermés, les habituelles hordes de touristes avaient déserté Time Square. Deux millions de personnes évacuées Dans le New Jersey, plus d’un million de personnes ont été évacuées des zones côtières, dont la quasi-totalité de la petite ville touristique de Cap May. Au total, Irène a entraîné l’évacuation de près de deux millions de personnes vivant près des côtes.

Environ 3,3 millions de foyers étaient privés d’électricité dimanche matin à cause de l’ouragan, dont le passage a entraîné la fermeture de deux centrales nucléaires et la paralysie de l’activité dans les ports et terminaux pétroliers.

L’ouragan a également fait douze morts, dont six en Caroline du Nord, le premier Etat qu’il a rencontré en touchant terre samedi matin. Il a été rétrogradé dimanche en tempête tropicale, ses vents ayant continué à faiblir, à 100 kmh.

Dimanche à la mi-journée (heure locale), la tempête continuait à progresser vers le nord-est, en direction de Boston.

A l’intérieur des terres, d’abondantes précipitations (200 mm) étaient signalées dans la région de Washington, mais la capitale fédérale semble avoir échappé à des dégâts majeurs. Certains ponts étaient fermés à la circulation mais les aéroports sont restés ouverts et les avions ont pu décoller et atterrir sans gros retard. Milliards de dollars de dégâts Selon le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, le coût d’Irène pourrait se monter «à des milliards de dollars ou même à des dizaines de milliards de dollars». Des experts du cabinet Kinetic Analysis, étaient moins pessimistes, estimant ce coût entre cinq et dix milliards de dollars, le plus probablement autour de sept milliards.

Barack Obama a écourté ses vacances pour superviser la réaction des autorités, alors que le pays se souvient du passage dévastateur de Katrina sur la Nouvelle-Orléans en 2005. Il s’est rendu samedi au siège de l’Agence fédérale des situations d’urgence et s’est entretenu par téléphone avec ses plus proches collaborateurs, dont le vice-président Joe Biden et la secrétaire à la Sécurité Intérieure, Janet Napolitano.

D’ores et déjà, une nouvelle tempête tropicale, José, se profile à l’horizon. José, qui s’est formé dans les parages des Bermudes, est la dixième tempête de la saison 2011 des ouragans dans l’Atlantique. (Cet article est périodiquement mis à jour)