Le Forum humanitaire mondial n’est pas mort mercredi. Mais ce n’est qu’un répit de quelques jours. Le Conseil fédéral a discuté de la Fondation de droit privé créée voici deux ans et installée à Genève. Mais il n’a pas été en mesure de prendre une décision définitive. Motif: il ne dispose pas de données suffisamment étayées sur la situation réelle du forum.

Le forum est suspendu à la décision de la Confédération, qui n’est «juridiquement pas responsable», mais qui décide de fait de l’avenir de l’institution étant donné qu’elle est de loin son plus important bailleur de fonds. Elle versait jusqu’ici un million de francs par an à la fondation présidée par l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan et dirigée par Walter Fust.

Si le Conseil fédéral n’a pas tranché, il est pourtant clair sur une chose: le forum sera dissous. Il souhaite toutefois en savoir plus notamment sur les salaires qui doivent encore être payés, sur les vacances que les collaborateurs doivent encore prendre et sur les contributions sociales. Pour Berne, il importe aussi de connaître les coûts de dissolution de la Fondation. Jusqu’ici, la dette de l’institution a été évaluée à 2 millions de francs. Mais au vu des hésitations du gouvernement suisse, l’état financier du forum pourrait être encore plus grave.

Raisons du naufrage

Pour le collège gouvernemental, trois options se présentent: laisser la fondation se débrouiller toute seule, payer en partie ou en totalité le découvert. Le conseiller fédéral Ueli Maurer semble être un adepte de la première solution alors que son collègue Didier Burkhalter plaiderait pour limiter la casse auprès des collaborateurs en aidant financièrement le forum à clore le chapitre. Mais le temps presse. Pour éviter de payer des salaires pour un mois de plus, Berne entend décider avant la fin du mois.

Pour la Genève internationale, c’est une mauvaise affaire. Deux principales causes sont mentionnées pour expliquer le naufrage du forum: une mission floue et un mauvais management. Le directeur général Walter Fust n’était pas au courant des détails de la discussion du Conseil fédéral. «Ce sont les organes de la Fondation qui doivent décider, relève-t-il avant d’ironiser: Maintenant, il est vrai qu’il y a beaucoup de cuisiniers dans la cuisine.»