> Cinquante ans d’indépendance

«Difficile de trouver un lien entre croissance et aide», tonne William Easterly, qui prône que le nouveau «fardeau de l’homme blanc» cesse. «Au contraire, il faut qu’elle augmente», rétorque Jeffrey Sach, autre économiste américain. Le débat de l’aide marque lui aussi son demi-siècle d’existence, sans qu’un consensus se dessine. Chaque année, ses défenseurs la présentent comme un moyen de dynamiser les économies, tandis que ses adversaires défendent le contraire. Le sud du Sahara est une des régions qui a le plus bénéficié: des centaines de milliards de dollars depuis les indépendances. La crise allait pourtant durer, le continent demeure de loin le plus pauvre et l’aide continue d’augmenter.

Selon Jeffrey Sachs, la vraie question est: comment la rendre plus efficace? Tout dépendrait des gouvernances, du contexte, des conditions. Le Botswana ou le Ghana des années 1980 se sont développés en grande partie grâce aux assistances internationales. En même temps, le Zaïre de Mobutu, inondé de dollars, en a à peine bénéficié, contrairement au dictateur. L’aide, qu’un facteur parmi d’autres. Certains rajoutent: un facteur politique et intéressé. La France dans son pré carré? Quarante ans de dons, autant de contrôle, disent-ils. Aujourd’hui, Chinois et Indiens privilégient le commerce et relancent les économies africaines. Et d’aucuns de reprendre un autre refrain: «trade rather than aid.» Seul le commerce peut encourager la production de richesses en Afrique, et donc le développement. Valentine Rugwabiza, directrice générale adjointe de l’OMC, a peut-être la réponse: il faut aider le commerce.