«Les Etats membres se sont engagés à verser 5,3 milliards de dollars sur les deux prochaines années, et 9,9 milliards au total pour les trois prochaines années et au-delà», a déclaré M. Ban lors d’une conférence de presse.

Ces sommes dépassent largement les espérances des organisateurs de la conférence, qui pensaient pouvoir recueillir environ 3,8 milliards de dollars pour les 18 prochains mois pour remettre l’économie d’Haiti sur les rails. «Aujourd’hui la communauté internationale a répondu présente aux côtés d’Haïti», s’est félicité le chef de l’ONU.

«Les Etats-Unis s’engagent à verser 1,15 milliard pour la reconstruction d’Haïti sur le long terme», a annoncé la secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Mais les 27 Etats membres de l’Union européenne (UE) ont surpassé ce chiffre, avec un engagement total de 1,235 milliard d’euros, soit environ 1,6 milliard de dollars.

La Banque mondiale a promis de son côté 250 millions de dollars supplémentaires et annoncé l’annulation de la dette d’Haïti à son égard, qui se montait à 39 millions. Cela portera le total des montants qu’elle accordera au pays à 479 millions de dollars d’ici à juin 2011.

Reconstruire mieux

Représentant la Suisse, le directeur de la DDC, Martin Dahinden, a annoncé une contribution de 36 millions de francs, qui s’ajoutent aux 12 millions déjà versés au titre de l’aide d’urgence. Il a par ailleurs réclamé des autorités haïtiennes qu’elles travaillent au renforcement «du respect des droits humains, de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit».

Ce thème d’une approche novatrice de l’aide internationale et de la bonne gouvernance des autorités haïtiennes a été repris par de nombreux orateurs. «Notre objectif n’est pas seulement de reconstruire, mais de rebâtir en mieux». Il s’agit de «construire un nouvel Haïti», a lancé le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en ouvrant la conférence.

La fragilité des bâtiments haïtiens, souvent construits à l’aide d’un béton de mauvaise qualité, est très largement responsable de l’énorme bilan humain du séisme.

Le chef de l’ONU Ban Ki moon a également appelé à «un gouvernement pleinement démocratique» et demandé que le partenariat entre la communauté internationale et Haïti «repose sur les principes de la bonne gouvernance, de la transparence et de la responsabilité mutuelle».

Perspectives de croissance

Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, a quant à lui évalué à 8% les perspectives de croissance haïtiennes pour les années à venir si les promesses d’aide sont tenues, et si les autorités haïtienns «sont à la place du conducteur».

Quelque 138 pays, plusieurs organismes internationaux comme le FMI ainsi que des ONG et des membres de la diaspora haïtienne sont représentés à cette conférence, présidée par M. Préval.

Les 3,8 milliards demandés par l’ONU représentent un premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars estimés pour la reconstruction sur 10 ans.

Le séisme de magnitude 7, qui a ravagé Port-au-Prince le 12 janvier, a fait des dégâts estimés à près de huit milliards de dollars, l’équivalent de 120% du PIB d’Haïti. La catastrophe a tué au moins 220.000 personnes et fait 1,3 million de sans-abri.