La question de l’accès de l’aide sur le terrain sera au centre du septième Forum humanitaire sur la Syrie, qui réunit ce mardi à Genève près de 350 participants – Etats, ONG internationales et agences de l’ONU. C’est aussi ce qui préoccupe en premier lieu le gouvernement suisse, ont souligné les représentants de la Direction du développement et de la coopération (DDC), lors d’une rencontre avec Valérie Amos. La directrice du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) était de passage à Berne lundi pour discuter de la crise en Syrie. «La Suisse est un partenaire clé, dit-elle. Ses critiques nous permettent d’améliorer notre action.» Les discussions ont notamment porté sur les problèmes d’accès de l’aide, source de polémique (LT du 7.2.13).

Il y a quelques jours, des agences de l’ONU ont pu atteindre des zones jusqu’ici difficiles d’accès, dans des territoires contrôlés par l’opposition. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a acheminé mille tentes et 15 000 couvertures dans la région de Bab al-Hawa, dans le gouvernorat d’Alep, près de la frontière turque. Une autre agence a distribué de la nourriture et du matériel de première nécessité à 6000 personnes dans le gouvernorat d’Idlib. Mais pour arriver jusque-là, les convois se heurtent à de multiples obstacles.

Négociations

«Nous rencontrons des difficultés liées à la sécurité et à la nature du conflit, essentiellement urbain, sans lignes de démarcation claires, explique Valérie Amos. Pour atteindre les personnes dans le besoin, nous devons négocier avec toutes les parties engagées dans le conflit et avec chacun des groupes qui contrôlent les check points. Enfin, nous avons un manque de capacité. L’aide ne parvient pas à suivre le rythme des besoins.»

Après bientôt deux ans de conflit, l’OCHA évalue à 4 millions le nombre de Syriens dans le besoin à l’intérieur du pays. La population de déplacés, «essentiellement des femmes et des enfants», indique Valérie Amos, s’accroît à mesure que la situation se détériore. La zone la plus délaissée par l’aide internationale se trouve au nord-ouest du pays, dans la Syrie libérée. Elle dépend des réseaux de solidarité clandestins qui opèrent, par leurs propres moyens et à leurs risques et périls, depuis l’étranger. Passer par la frontière turque représente la façon la plus rapide et directe d’atteindre les zones insurgées. Mais pour mener des opérations transfrontalières, les agences de l’ONU, soumises au droit international, ont besoin de l’accord de Damas. Mais elles n’envisagent pas de procéder à de telles actions sans l’accord de Damas, affirme Valérie Amos.