L'essentiel

Samedi, de grandes manifestations ont eu lieu en France, contre le passe sanitaire, mais aussi à Sidney et Melbourne, où ont défilé les anti-confinement.

L'Espagne a annoncé l'élargissement de sa liste de pays soumis à quarantaine, dont la Colombie, l'Argentine, la Bolivie et la Namibie.

Retrouvez notre suivi de la journée de dimanche.


■ En France, 71 interpellations

Les manifestations samedi en France contre le passe sanitaire ont donné lieu à 71 interpellations dont 24 à Paris. Vingt-neuf membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon un décompte du ministère de l'Intérieur, ce dimanche.

Les manifestations ont rassemblé 161 000 personnes dont 11 000 dans la capitale, toujours selon le ministère. Au total, 68 personnes ont été placées en garde en vue, a-t-on appris de source policière.

Notre article: Voté au parlement, le «passe sanitaire» français peut-il être rejeté par la rue? 


■ Les excuses du ministre anglais de la Santé

Le ministre britannique de la Santé Sajid Javid présente ses excuses dimanche après avoir laissé entendre que le pays ne devait pas se «recroqueviller» face au coronavirus, dans un tweet qui avait suscité des réactions indignées.

Une semaine après avoir annoncé qu'il était atteint par le virus, Sajid Javid a déclaré samedi sur Twitter qu'il était «complètement guéri». Ses symptômes étaient «très légers, grâce aux vaccins incroyables», a ajouté le ministre, qui avait reçu deux doses.

«S'il vous plaît, si vous ne l'avez déjà fait, faites-vous vacciner, alors que nous apprenons à vivre avec ce virus, plutôt que de nous recroqueviller» face à lui, ajoutait-il.

Cette réflexion a entraîné une foule de réactions indignées, association de victimes et députés, notamment d'opposition, jugeant ces propos insultants envers les plus vulnérables et compte tenu des sacrifices consentis par les Britanniques pendant les trois confinements successifs décrétés au Royaume-Uni.

Ce dimanche, Sajid Javid a supprimé le tweet litigieux et reconnu, dans un nouveau message sur le réseau social, un «choix malheureux» dans ses termes et présenté «sincèrement» ses excuses. «Comme beaucoup, j'ai perdu des proches à cause de ce terrible virus et je ne minimiserais jamais son impact», a-t-il ajouté. Le pays compte 129 000 morts attribués au virus.


■ L'Allemagne songe à devenir plus sévère

Les personnes non-vaccinées contre le Covid-19, même si elles sont testées négatives, pourraient être confrontées à de nouvelles restrictions si les infections continuent à augmenter en Allemagne, déclare ce dimanche le chef de cabinet de la chancelière Angela Merkel. «Les personnes vaccinées auront certainement plus de liberté que les personnes non-vaccinées», a dit Helge Braun au journal Bild am Sonntag.

Actuellement, les Allemands peuvent se rendre dans des lieux publics tels que les restaurants, les cinémas ou les salles de sport s'ils sont totalement vaccinés ou s'ils présentent un test négatif récent.

Mais si les taux d'incidence continuent à augmenter, les personnes non-vaccinées devront réduire leurs contacts, a déclaré Helge Braun. «Cela pourrait signifier qu'accéder à des endroits comme les restaurants, les cinémas et les stades ne serait plus possible, même pour les personnes non-vaccinées testées, car le risque est trop élevé».


■ Encore une mauvaise année pour le tourisme

Dans la presse dominicale, Martin Nydegger, le directeur de Suisse Tourisme, fait part de son pessimisme: l'année 2021 sera pire que 2020, en raison en particulier d'un mauvais hiver. Toutefois, les touristes des pays voisins reviennent un peu. Pour les Asiatiques, cela prendra des années, estime-t-il.

Lire la dépêche à ce sujet.


■ Où l'on reparle du certificat covid dans les restaurants

Dans une interview au SonntagsBlick, Lukas Engelberger, président de la Conférence des directeurs cantonaux de la Santé, indique que les cantons examinent si des restrictions devront être imposées aux personnes qui refusent de se vacciner contre le Covid-19. Si le nombre d'infections continue d'augmenter, une extension de l'obligation de présenter un certificat Covid pour les personnes vaccinées, testées et/ou guéries devra être envisagée, affirme le conseiller d'Etat bâlois.

Selon lui, les événements de petite taille, les activités et les manifestations sportives, la gastronomie ou les visites dans les hôpitaux et les maisons de retraite seraient concernés.

Lukas Engelberger rejette en revanche la proposition selon laquelle le personnel soignant non vacciné devrait le signaler. Il rejette également l'idée de faire payer les tests rapides nécessaires à l'obtention du certificat. Si les tests sont payants, il est à craindre que les gens ne soient moins enclins à se faire dépister, estime-t-il. L'Office fédéral de la santé publique prévoit pour sa part d'organiser un atelier sur la manière de motiver davantage de personnes à se faire vacciner.


■ Le lobbyiste des pharmas critique le Conseil fédéral

Thomas Cueni, directeur général de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP), qui siège au comité de coordination du dispositif Covax, critique la Suisse, qui a promis de livrer quatre millions de doses du vaccin d'AstraZeneca, mais ne l'a pas encore fait. L'Office fédéral de la santé publique rejette ces remarques: le Conseil fédéral a pris cette décision le 30 juin et depuis les travaux sont en cours avec les partenaires concernés. 

Le Suisse, responsable de la faîtière, exige que les pays riches mettent immédiatement à disposition des pays pauvres les doses de vaccin excédentaires. «Nous ne sortirons pas de la pandémie si tout le monde n'est pas vacciné», relève-t-il dans la SonntagsZeitung. A son sens, c'est la distribution des vaccins qui pose problème, pas leur production.


■ La Tunisie «sauvée» de la catastrophe par des dons

En Tunisie, des dons provenant de pays européens et du Golfe, de Tunisiens de la diaspora et de simples citoyens affluent. Le pays, qui a peiné à trouver les vaccins nécessaires avant que l'épidémie ne s'emballe en juillet, a désormais reçu 3,2 millions de doses, en large partie offertes, et devrait dépasser les 5 millions d'ici la mi-août, selon le ministère de la Santé.

Quelque 500 000 doses viennent de Chine, autant des Emirats arabes unis, 250 000 doses sont arrivées de l'Algérie voisine. La France a donné cette semaine plus d'un million de doses d'Astra Zeneca et Janssen. Les associations et la diaspora ne sont pas en reste pour envoyer de l'aide.

Cité par l'agence AFP, Cyrine Chedly, membre de l'Organisation des jeunes médecins tunisiens, qui a lancé un appel aux dons relayé par d'autres associations et institutions, «la mobilisation de la société civile a sauvé la Tunisie d'un scénario catastrophe».