Crimes

L’Allemagne découvre les violences sexuelles infligées aux enfants en ex-RDA

La commission indépendante sur le fléau de la pédophilie sous le régime communiste a rendu son rapport. Trente ans après la chute du Mur, le sujet, autrefois tabou, sort de l’ombre

Renate Viehrig-Seger n’est parvenue à briser le silence qu’en 2010. A 60 ans, cette souriante rousse est une rescapée de l’enfer des foyers pour enfants et adolescents difficiles de l’ex-RDA (Allemagne de l’Est). Comme bien d’autres, elle y a connu brimades, privations, mauvais traitements, et surtout violences sexuelles. Notamment à Torgau, ville de Saxe qui abritait un foyer de redressement par le travail, sorte de prison pour jeunes délinquants, dont on menaçait tous les adolescents difficiles du temps du régime communiste. Le foyer est aujourd’hui transformé en lieu de mémoire. Le jour de ses 17 ans, Renate y est placée dans une cellule d’isolement, pour des broutilles. C’est là qu’elle sera pour la première fois violée par le directeur de l’établissement.

Archives disparues 

L’Allemande est l’une des quelque 150 victimes à avoir raconté leur calvaire à la Commission sur les violences sexuelles contre les enfants sous la RDA. Cette commission indépendante a rendu mercredi un rapport accablant pour l’ancien régime communiste. L’étude ne repose pas sur des statistiques. La plupart des archives ont disparu à la chute du Mur et il n’existe aucunes données fiables sur l’ampleur du phénomène. Les auteurs du rapport – qui ont reçu plus de 4000 témoignages – se basent sur les récits (anonymes) de 75 victimes et les dépositions écrites de 27 autres.