L’essentiel

L’Allemagne, qui s’apprêtait à assouplir les mesures, va sans doute décider ce lundi un prolongement du confinement.

En Suisse, les milieux économiques font pression pour une attestation sanitaire «Covid-free».

Retrouvez notre suivi de la journée de dimanche, et nos suivis depuis octobre


■ L’Allemagne va renforcer ses restrictions

Angela Merkel et les dirigeants régionaux allemands ont débuté lundi de nouvelles discussions sur un renforcement des restrictions anti-Covid-19. D’éventuels couvre-feux sont envisagés et d’ores et déjà contestés.

La chancelière et les dirigeants des 16 Länder que compte le pays ont entamé lundi après-midi leurs tractations, susceptibles de se terminer tard en soirée. Cette négociation était à l’origine censée ouvrir la voie à de nouveaux assouplissements mais l’arrivée d’une troisième vague épidémique, provoquée par le variant britannique, a changé la donne.

Le «frein d'urgence». Le taux d’incidence atteignait ainsi lundi 107,3, en constante augmentation ces dernières semaines. Cette tendance, si elle se confirme, va déclencher un mécanisme dit en Allemagne de «frein d’urgence», négocié début mars et qui prévoyait l’annulation automatique des quelques assouplissements concédés ce mois-ci. Les régions les plus touchées devraient au contraire devoir réimposer des fermetures de magasins, voire d’établissements scolaires.

Horizon 18 avril. De manière générale, toutes les restrictions déjà en place doivent être prolongées jusqu’au 18 avril, selon le projet d’accord en discussion. Les entreprises doivent continuer à favoriser le télétravail et vont être invitées à proposer au moins deux tests par semaine à leurs employés.

Des couvre-feux? La partie la plus délicate des négociations porte néanmoins sur l’éventuelle instauration de couvre-feux dans les zones considérées comme les plus à risque, celles où le taux d’incidence dépasserait 100 pour 100 000 sur sept jours. Une telle mesure concernant l’ensemble du pays constituerait une première en Allemagne depuis le début de la pandémie. Des couvre-feux ont déjà été instaurés mais très localement seulement.

Avant même d’être décidés, ces couvre-feux sont critiqués, notamment par le parti social-démocrate, pourtant membre de la coalition au pouvoir, qui y voit un «instrument inutile dans un pays où les gens sont raisonnables» selon le secrétaire général du parti, Lars Klingbeil.


■ Swissmedic autorise un troisième vaccin contre le Covid-19

Swissmedic a autorisé pour une durée limitée le vaccin contre le Covid-19 du groupe pharmaceutique Johnson & Johnson pour les personnes de 18 ans et plus. Trois vaccins peuvent donc être officiellement commercialisés en Suisse afin de prévenir le Covid-19.

Le «Covid-19 Vaccine Janssen» à vecteur reposant sur un adénovirus humain ne nécessite qu’une seule administration. Les données d’études soumises révèlent une efficacité moyenne de 66,9% dans les groupes d’âge étudiés, a communiqué lundi Swissmedic.

L’entreprise Janssen-Cilag AG, filiale du groupe actif dans le domaine de la santé Johnson & Johnson, a présenté le 7 décembre 2020 à Swissmedic une demande d’autorisation de mise sur le marché pour son candidat vaccin.

Après avoir soigneusement examiné toute la documentation fournie, Swissmedic autorise la mise sur le marché du vaccin pour une durée limitée. L’Human Medicines Expert Committee (HMEC) de Swissmedic, comité d’experts externes ayant une fonction consultative, a soutenu cette décision lors d’une réunion extraordinaire.


■ La Lombardie s’enlise dans les vaccinations

La campagne de vaccination vire au «désastre» en raison d’un système de réservation défectueux en Lombardie, la région italienne la plus touchée par la pandémie de coronavirus, ont admis lundi des responsables politiques locaux, cités par l’AFP.

La Lombardie était l’épicentre de l’épidémie il y a 13 mois et reste encore aujourd’hui la région comptant le plus grand nombre de cas. C’est «un désastre, depuis le début», a déclaré la maire de Crema, Stefania Bonaldi, au journal La Repubblica.

À Crémone, le chef-lieu provincial proche de Crema, le centre de vaccination était presque vide pendant le week-end, car les personnes censées se faire vacciner n’ont pas reçu le message leur indiquant de se présenter.

Des fonctionnaires locaux ont dû consulter le registre d’état civil et appeler les gens un par un, et un maire a emprunté un minibus pour aller chercher les personnes âgées à leur domicile.


■ Le Printemps de Bourges se décale de six semaines

La 45e édition du Printemps de Bourges, l’un des principaux festivals de musique en France, qui était programmée du 4 au 9 mai, est reportée du 22 au 27 juin 2021, annoncent les organisateurs.

«Nous devons anticiper la situation à venir et accepter que les premiers jours de mai n’offrent plus un cadre sanitaire et règlementaire propice à l’organisation d’un événement grand public et convivial», indiquent-ils dans un communiqué.

Ils souhaitent réunir «toutes les chances pour inviter le plus de spectateurs à vivre les concerts, assurer les meilleures conditions d’accueil pour tous les publics et garantir un festival généreux, ouvert et fédérateur à tout un territoire».


■ Les pays nordiques demeurent sceptique face à AstraZeneca

Au tour de l’Islande de ne pas se relancer à l’eau. Les autorités sanitaires du pays ont annoncé ce lundi matin attendre avant une éventuelle reprise de la vaccination anti-Covid avec AstraZeneca, pourtant défendu par l’autorité européenne des médicaments.

«Tous les pays nordiques, y compris l’Islande, ont décidé de mieux enquêter sur le sujet et de coopérer ensemble avant d’aller plus loin» dans la vaccination avec AstraZeneca, interrompue le 11 mars dernier sur l’île, a expliqué en conférence de presse Alma Möller, directrice générale de la Santé.

En dépit du feu vert de l’UE, Norvège, Suède et Danemark ont choisi de conditionner la reprise des injections à des évaluations plus poussées sur les troubles de la coagulation, rares mais graves, apparus chez des personnes vaccinées.

La Finlande, qui n’avait jusqu’ici pas suspendu le vaccin AstraZeneca, a également décidé vendredi d’interrompre son utilisation par «précaution» après deux cas suspects de thromboses cérébrales.


■ Un instantané: les images marseillaises qui fâchent

Médias et réseaux bruissent toujours de la colère à l’égard du carnaval qui s’est tenu hier, dimanche, à Marseille.

Notre article: Haro parisien sur Marseille, capitale de la colère anti-covid


■ Les producteurs du Spoutnik V dénoncent un «biais»

Les producteurs du vaccin russe accusent le commissaire européen Thierry Breton d’être «biaisé» pour avoir affirmé que l’UE n’avait «pas besoin» du Spoutnik V et estimé que Moscou aura besoin d’aide européenne.

S’exprimant sur la chaîne française TF1 dimanche, Thierry Breton, qui est chargé des aspects industriels de la fabrication des vaccins contre le Covid-19 dans l’UE, a assuré que les Européens n’auront «absolument pas besoin de Spoutnik V», étant donné que d’autres produits sont homologués. «Spoutnik V est un vaccin en complément», a déclaré le commissaire européen au Marché intérieur, assurant en outre que «les Russes ont un mal fou à le fabriquer et (qu') il faudra sans doute les aider». «S’il faut leur fournir une ou deux usines pour le fabriquer pourquoi pas, mais pour l’instant priorité aux Européens […] on verra ça au second semestre», a-t-il lancé.

Les producteurs du Spoutnik V ont dénoncé lundi sur Twitter un «nouveau commentaire biaisé» visant un «vaccin sûr et efficace», dont la demande d’homologation est examinée actuellement par l’Agence européenne des médicaments.

Il y a peu, les producteurs du vaccin ont fait état d’un commentaire de Vladimir Poutine, lequel se demande «si la Commission européenne veut le bien des pharmas européennes, ou celui de sa population».


■ Fribourg veut se profiler en vue du retour du tourisme

C’est une première parmi les cantons, assurent les responsables. Ce lundi, les acteurs du tourisme fribourgeois lancent une campagne de promotion à destination du marché suisse dans la perspective d’une sortie prochaine de la crise sanitaire. Le programme s’appuie sur un budget de plus de 600 000 francs pour redynamiser un secteur sinistré.

Les Fribourgeois veulent être au rendez-vous de la relance de l’activité touristique. «L’action démarre dès avril, mais la chaîne complète du tourisme devrait en profiter à compter des mois de mai et juin», a expliqué ce matin Pierre-Alain Morard, directeur de l’Union fribourgeoise du tourisme, que relaie l’ATS. La campagne s’articulera autour du slogan «Ensemble – Pour de vrai!».


■ AstraZeneca sort ses nouveaux chiffres

AstraZeneca réplique à nouveau après les polémique sur l’efficacité de son vaccin, et des risques de thromboses. La firme assure que son produit est efficace à 80% contre le Covid-19 chez les personnes âgées et n’augmente pas le risque de caillots sanguins. Elle s’appuie sur des essais cliniques de phase III menés aux Etats-Unis.

Le vaccin est efficace à 79% pour prévenir le Covid-19 symptomatique dans la population générale et à 100% pour empêcher les formes sévères de la maladie et l’hospitalisation, affirme le laboratoire.


■ 200 millions de doses du Spoutnik V produites en Inde

Une commande massive: 200 millions de doses. Le Fonds souverain russe (RDIF) a annoncé lundi avoir conclu un accord avec le groupe pharmaceutique indien Virchow Biotech pour y produire 200 millions de doses du vaccin russe Spoutnik V contre le coronavirus.

«Le transfert de technologie doit être achevé au deuxième trimestre 2021, et sera suivi de la mise en production commerciale à grande échelle», a indiqué le RDIF, qui a financé en partie le développement du vaccin et négocie les accords de production à l’étranger.