L’Allemagne a annoncé mardi qu’elle suspendait la culture du maïs génétiquement modifié MON810 de Monsanto, rejoignant ainsi cinq autres pays européens, contre l’avis de la Commission européenne.

La ministre de l’Agriculture Ilse Aigner a justifié cette décision par la possibilité que cette semence OGM (organisme génétiquement modifié), fabriquée par le géant agro-industriel américain Monsanto, puisse présenter des dangers pour l’environnement. «Ce n’est pas une décision politique. Elle a été prise dans l’intérêt de l’environnement (...) nous avons mené une étude rigoureuse pour peser le pour et le contre», a-t-elle argumenté au cours d’une conférence de presse.

La ministre a notamment expliqué cette décision par «de nouveaux éléments scientifiques», en l’occurence «deux nouvelles études» qui avaient amenées le Luxembourg à prendre une décision comparable fin mars. Ces études mettaient en évidence des incidences de la culture du MON810 sur des organismes «non-cibles», qui n’avaient pas été étudiés jusque-là, a ajouté le responsable des technologies génétiques au ministère de l’Agriculture, Wolfgang Köhler, citant en exemple les papillons et les coccinelles.

En 2008, 4000 hectares de maïs transgéniques ont été cultivés en Allemagne, et pour 2009 des cultures sur 3700 hectares avaient été autorisées, soit environ 0,2% de la surface de maïs cultivée dans le pays. Le MON810 est le seul OGM cultivé dans l’UE. Il y a été homologué en 1998, pour dix ans. Le renouvellement de cette autorisation est en cours d’évaluation.

Seule une décision de la Commission, soutenue par une majorité qualifiée d’Etats de l’UE, pourrait mettre fin à la décision allemande. Or, les ministres de l’Environnement ont mis leur veto début mars à une proposition de la Commission visant à contraindre l’Autriche et la Hongrie à revenir sur des interdictions semblables. Ce vote était une très bonne nouvelle pour la France et la Grèce: elles peuvent maintenant espérer que leurs interdictions de cultiver ce maïs, qui doivent être soumises prochainement au vote des pays de l’UE, seront maintenues.

Moratoire prolongé jusqu’en 2013?

En Suisse, les organismes génétiquement modifiés ( OGM ) devraient rester exclus du paysage agricole trois ans de plus. Comme annoncé en mai , le Conseil fédéral a mis en consultation en décembre 2008 une modification de la loi sur le génie génétique. Le moratoire qui arrive à échéance en 2010 serait prolongé jusqu’au 27 novembre 2013. Ce délai est nécessaire pour connaître les risques liés à cette technologie. En prenant tôt la décision d’étendre le moratoire, largement approuvé par le peuple et les cantons en novembre 2005, le gouvernement veut permettre l’achèvement du Programme national de recherche «sans pression politique». Les résultats du PNR 59 ne sont pas attendus avant l’été 2012.