L'ambassadeur birman à Londres a accusé, mercredi, une personnalité militaire d'«occuper» son ambassade. Cantonné à l'extérieur de sa représentation, le diplomate Kyaw Zwar Minn accuse l'attaché militaire de ne «pas (le) laisser entrer».

«Ils ont dit en avoir reçu l'instruction de la capitale», a-t-il déclaré. «Ils ne peuvent pas faire ça. Le gouvernement britannique ne l'autorisera pas.»

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Un soutien à Aung San Suu Kyi peu apprécié

La junte avait rappelé l'ambassadeur le mois dernier après qu'il a publié un communiqué de soutien au gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, déchu le 1er février par les militaires. «La diplomatie est la seule issue et la seule réponse à l'impasse actuelle», a déclaré Kyaw Zwar Minn dans un message tweeté par le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab.

Une manifestation de protestation contre le coup d'Etat militaire s'est déroulée en fin de journée devant l'ambassade.

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Le Royaume-Uni a déjà sanctionné plusieurs responsables de la junte, dont le commandant en chef de l'armée Min Aung Hlaing, pour leur rôle dans le coup d'Etat militaire, ainsi que des conglomérats liés aux militaires.


Des députés déchus compilent un dossier sur les violations des droits humains

Plus tôt mercredi, un groupe de résistance baptisé CRPH (Comité pour représenter le Pyidaungsu Hluttaw, l'organe législatif birman) a affirmé avoir reçu «180 000 éléments (...) montrant des violations de grande ampleur des droits humains par les militaires», dont des exécutions extrajudiciaires, tortures, détentions illégales.

Les éléments vont être transmis au Mécanisme indépendant d'enquête sur la Birmanie (IIMM) des Nations unies, a ajouté le CRPH qui regroupe des députés déchus de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi, entrés dans la clandestinité.

Un avocat, Robert Volterra, a dit avoir rencontré mercredi au nom du CRPH des enquêteurs des Nations unies pour discuter des atrocités dont les militaires sont accusés. Il a affirmé que cette réunion avait marqué «le début d'un dialogue» et que plusieurs autres étaient programmées «pour les prochains jours».

Près de 600 civils ont été tués depuis le coup d'Etat du 1er février, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Le bilan pourrait être plus lourd: environ 2700 personnes ont été arrêtées. Beaucoup, sans accès à leurs proches ou à un avocat, sont portées disparues.