Conseiller à la sécurité nationale du président Barack Obama, Thomas Donilon a donné lundi à l’Asia Society de New York la vision de l’Asie que défend désormais l’administration démocrate qui a fait de la région Asie-Pacifique l’une de ses priorités stratégiques.

Le haut responsable de la sécurité, qui devrait céder son poste d’ici à la fin de l’année (l’ambassadrice à l’ONU Susan Rice est parmi les favorites), a bien sûr parlé de la Corée du Nord et précisé que le Trésor était prêt à imposer des sanctions aux banques nord-coréennes. «Nous refusons de récompenser les comportements fautifs», a-t-il souligné. Il a aussi rappelé la première historique que fut la visite d’un président américain en Birmanie.

En termes de présence militaire, il a prédit que d’ici à 2020, 60% de la Flotte américaine serait concentrée dans le Pacifique. D’un point de vue économique, Thomas Donilon a relevé que la pierre angulaire du rebond économique des Etats-Unis est le Trans-Pacific Partnership, un traité multilatérale de libre-échange avec l’Asie. «Le TPP pourrait bientôt représenter 60% du commerce mondial.» Enthousiaste à l’idée que l’Asie présente de nouvelles possibilités, le conseiller à la sécurité nationale n’a toutefois pas manqué de rappeler que sans la garantie de stabilité fournie pendant des décennies par les Américains, l’Asie ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

La Chine occupa une bonne part de l’intervention de Thomas Donilon à l’Asia Society. L’orateur a jugé très positif et essentiel le dialogue stratégique et économique sino-américain. «Nous avons de très bonnes relations diplomatiques avec la Chine», a ajouté le conseiller de Barack Obama qui a des contacts réguliers avec les dirigeants chinois. Mais les relations entre Washington et Pékin souffrent toutefois d’un problème, admet-il. Les deux pays devraient coopérer au plan militaire et être beaucoup plus transparents afin d’éviter les erreurs de perception qui pourraient s’avérer dévastatrices.

Pour la première fois, l’administration Obama a appelé nommément la Chine, par la voix de Thomas Donilon, à prendre des mesures pour mettre fin aux cyberattaques chinoises contre les réseaux informatiques de l’Etat américain ou de sociétés américaines. Jusqu’ici, la Maison-Blanche s’était gardée de mentionner le nom de la Chine. «Les entreprises américaines expriment leur vive inquiétude au sujet du vol sophistiqué et ciblé de secrets industriels et technologiques par des cyberintrusions de Chine faites à une échelle sans précédent», a déploré le conseiller d’Obama.