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Cette réunion inédite a été lancée à l'initiative du gouvernement équatorien. /Cristina VEGA /AFP
© AFP / CRISTINA VEGA

Amérique latine

L’Amérique latine appelle le Venezuela à accepter de l’aide humanitaire

Le pouvoir chaviste a rapidement réagi, qualifiant cette réunion sur la crise des migrants vénézuéliens de «honteuse» et «écœurante», par la voix du président de l’Assemblée constituante Diosdado Cabello

Onze pays d’Amérique latine réunis pour la première fois sur la crise des migrants vénézuéliens ont appelé mardi Caracas à accepter l’aide humanitaire pour faire face à cet afflux qui déstabilise les capacités d’accueil de la région.

Les représentants de ces pays réunis pendant deux jours en Equateur «ont lancé un appel pour l’ouverture d’un mécanisme d’assistance humanitaire afin de soulager la crise, en portant une attention immédiate aux citoyens touchés», selon le texte, qui n’a pas été signé par la Bolivie, alliée de Caracas. La République dominicaine, seulement représentée par un conseiller de son ambassade, devait quant à elle signer le texte prochainement.

Lire aussi: L’Amérique latine cherche une solution à l’exode des Vénézuéliens

Treize pays – Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, Costa Rica, Chili, Equateur, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou, République Dominicaine et Uruguay – participaient depuis lundi à cette réunion inédite, lancée à l’initiative du gouvernement équatorien. Le Venezuela, de plus en plus isolé, était invité, mais n’avait pas répondu présent.

Pendant deux jours, des représentants de ces pays ont tenté de définir des moyens d’action communs face à une des plus graves crises migratoires de l’histoire récente du continent. Unification des mesures régissant le transit des migrants vénézuéliens, mise en place éventuelle de quotas ou constitution d’un fonds commun à l’initiative de l’ONU étaient notamment au menu des discussions.

«L’écœurement» de Caracas

Cette réunion qui s’achève est une «honte», elle n’inspire que «le dégoût» et «l’écœurement», a réagi à Caracas Diosdado Cabello, numéro deux du pouvoir chaviste, lors d’une session de la puissante Assemblée constituante, qu’il préside. «Quelle tristesse, quelle honte» que cet appel dans lequel des pays latino-américains «finissent par demander de l’argent», a-t-il critiqué.

Les pays, dont certains sont touchés par l’exode massif de Vénézuéliens en raison de la grave crise économique qui affecte le pays, ont demandé à Caracas de garantir aux Vénézuéliens qui émigrent la possibilité d’obtenir une carte d’identité ou un passeport.

«Je pense que nous avons envoyé un message important aux millions de Vénézuéliens qui voyagent sur notre continent», a indiqué le représentant du Chili, Raul Sanhueza. «Nous leur disons que nous allons reconnaître les documents expirés à des fins migratoires.»

Lire aussi: Entre la Colombie et le Venezuela: la crainte de l’engrenage

Les participants sont également tombés d’accord pour s’entraider concernant leurs propres ressortissants présents au Venezuela. Ils ont exhorté «le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela à accepter la coopération des gouvernements de la région et des organisations internationales, afin de faire face à la situation de leurs communautés respectives établies au Venezuela.»

 

Une réunion extraordinaire de l’OEA mercredi

La réunion portait aussi sur les «besoins financiers» des pays d’accueil. Saluant les efforts régionaux pour faire face à la situation, le représentant de l’ONU en Equateur, Arnaud Peral, a exhorté les donateurs de la communauté internationale à poursuivre leur soutien.

Environ 2,3 millions de Vénézuéliens (7,5% d’une population de 30,6 millions) vivent à l’étranger, dont 1,6 million qui ont émigré depuis 2015 quand les pénuries de nourriture et de médicaments se sont aggravées, parallèlement à l’hyperinflation. La Colombie, le Pérou et l’Equateur sont les principaux pays d’accueil de ce flux, qui s’étend à d’autres pays sud-américains comme le Brésil.

Cette rencontre, réunissant des hauts fonctionnaires dans les domaines de l’immigration et des affaires consulaires, se déroule alors qu’une réunion extraordinaire de l’OEA est programmée dès mercredi sur le même thème.

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