L’Amérique est souvent perçue comme le paradis de la voiture. Qui n’a pas rêvé un jour de traverser les Etats-Unis à bord d’une vieille Cadillac ou autre Lincoln? Il suffit de se rendre dans les suburbs, la périphérie des grandes villes, pour réaliser à quel point l’auto reste indispensable. Bon nombre de villes étant dépourvues d’un réel centre-ville à l’européenne requièrent également des déplacements en voiture.

Mais manifestement, tout n’est pas aussi figé qu’on pourrait le croire. Dans son rapport annuel publié la semaine dernière, l’American Public Transportation Association est catégorique: il n’y a jamais eu autant d’Américains qui voyagent en train, bus, métro en 2013 depuis 1956, soit peu avant que le président Dwight Eisenhower ne lance son vaste programme de construction d’autoroutes (Interstate). 10,65 milliards de déplacements (courtes distances) ont eu lieu l’an dernier. Ce chiffre, précise le «New York Times», dépasse aussi les 10,59 milliards de déplacements enregistrés en 2008 quand le prix du gallon d’essence (3,89 litres) flirtait avec les 5 dollars.

De 1995 à 2013, les déplacements de passagers en transit ont augmenté de 37%, dépassant largement la croissance de la population (20%) et l’augmentation des distances parcourues en véhicule (23%). La croissance économique est un facteur important de ce changement de comportement des Américains. Ceux-ci utilisent davantage les transports publics pour avoir accès à un nombre plus important d’emplois. Le président de l’American Public Transportation Association, Michael Melaiphy constate que «les villes qui ont investi dans les transports publics ont vu leur taux de chômage baisser».