C’est un document officiel qui l’annonce. Le 19 janvier, la Suisse avait décidé de bloquer d’éventuels fonds appartenant dans la Confédération helvétique au président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, ou à des proches dont Aziz Miled.

«Depuis, la Tunisie a fait parvenir à la Suisse une demande d’entraide judiciaire», indique le ministère suisse des Affaires étrangères dans un communiqué publié vendredi. «En conséquence, les informations sur les personnes visées par les mesures suisses ont pu être adaptées en fonction des procédures judiciaires engagées et prévues en Tunisie», précise-t-il.

La nouvelle liste suisse des personnalités tunisiennes dont les avoirs ont été gelés recense désormais un total de 48 personnes. Vingt-trois noms ont été ajoutés à la liste du 19 janvier. En revanche, le nom d’Aziz Miled ne figure plus sur cette liste consultée par l’AFP.

Ces modifications sont entrées en vigueur vendredi.

Le 19 janvier, le gouvernement suisse avait pris «rapidement l’initiative de bloquer préventivement des avoirs, dans le but de faciliter l’entraide judiciaire internationale, pour le cas où les autorités tunisiennes engageraient des poursuites pénales», explique le communiqué.

Ce «blocage préventif des avoirs de l’ancien président tunisien et de ses proches avait pour but d’empêcher que des fonds ne soient transférés de Suisse à l’étranger» avant que les autorités tunisiennes n’aient pu faire parvenir à la Suisse une demande d’entraide internationale en matière pénale.

Vendredi, «la Suisse a adapté sa liste en fonction des informations transmises par les autorités tunisiennes en matière d’entraide judiciaire», a précisé une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jenny Piaget.

L’opposition française reproche à Mme Alliot-Marie de s’être rendue fin décembre en Tunisie, avec son compagnon Patrick Ollier, également ministre, alors que la révolte contre Zine El Abidine Ben Ali avait commencé, puis d’avoir bénéficié pour un vol intérieur du jet privé d’un de ses amis, l’homme d’affaires tunisien Aziz Miled.

«Si je prends mes vacances parfois en Tunisie, c’est à mes frais, voyages et hôtels», a récemment assuré la ministre française devant l’Assemblée nationale, soulignant sur la chaîne de télévision Canal+ avoir «le droit d’avoir des amis».

«Je n’ai pas pensé à mal», a précisé la ministre sur la télévision publique France 2, en ajoutant qu’au vu de la «polémique» et de «l’émotion» suscitées, elle ne referait pas un tel voyage dans ces conditions. «Je n’ai pas fait attention, probablement parce qu’il s’agissait d’amis», a-t-elle admis.