Comme une cinquantaine d'autres démocrates du Congrès, tous des élus de la Chambre des représentants, il a décidé de boycotter la cérémonie d'investiture de Donald Trump qui a lieu ce vendredi. Don Beyer, représentant des Etats-Unis pour le 8e district de Virginie, n'est pas tout à fait inconnu en Suisse: grand admirateur de Barack Obama - il avait levé plus de 500 000 dollars pour sa candidature à la présidentielle en 2008 -, il a été ambassadeur en Suisse, de 2009 à 2013.

«Une personne qui ment»

Sa décision, il l'a annoncée lundi soir sur les réseaux sociaux, jour où les Américains célébraient la naissance de Martin Luther King. Dans une déclaration écrite adressée avant tout à ses électeurs, Don Beyer dit être attaché au principe d'une «transition pacifique» et «respecter les prérogatives constitutionnelles de la présidence». «Mais je ne participerai pas à la normalisation et à la légitimisation d'un homme dont l'élection peut avoir dépendu de l'ingérence malicieuse de leaders russes, d'une personne qui ment en abondance et sans s'excuser, qui mime les handicaps des gens, qui insulte ceux qui osent ne pas être d'accord avec lui (...), et qui n'a cessé de faire preuve d'un irrespect profond envers les femmes».

Des valeurs et actions qu'il considère comme antithétiques aux siennes. Don Beyer n'a pas non plus goûté aux critiques de Donald Trump contre une «croyance religieuse entière» - une allusion à l'islam - et contre les vétérans, très nombreux au sein de sa circonscription électorale. «Ce serait malhonnête et le summum de l'hypocrisie pour moi de participer à cette cérémonie d'investiture», ajoute-t-il, tout en faisant savoir que cette décision n'a pas été facile à prendre.

Le ton est donné. A part le prénom - Don est bien né Donald -, l'ex-ambassadeur ne partage pas grand chose avec son nouveau président.