L'ex-dictateur sud-coréen Chun Doo-hwan, qui a dirigé le pays d'une main de fer en muselant toute opposition politique, est mort mardi à l'âge de 90 ans chez lui à Séoul, a annoncé l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. 

Dirigeant le pays d'une main de fer entre 1980 et 1988, son règne est marqué par l'usage généralisé de la torture contre les dissidents et la répression de la liberté d'expression. Il reste l'une des personnalités les plus honnies de Corée du Sud.

Chun Doo-hwan prend le pouvoir à la suite d'un coup d'Etat militaire en 1979, date à laquelle le président Park Chung-hee est assassiné. En 1987, les manifestations massives contre son régime le forcent à accepter le rétablissement de la démocratie. Il se retire l'année suivante après que son allié de longue date Roh Tae-woo ait remporté les élections. Il est alors le premier dirigeant sud-coréen à transmettre le pouvoir de manière pacifique.

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Le régime militaire de Chun Doo-hwan est connu pour avoir supervisé la forte croissance économique de la Corée du Sud et obtenu que Séoul organise les Jeux Olympiques en 1988.

Reconnu coupable de trahison

Né en 1931, Chun Doo-hwan entre à l'académie militaire pour suivre une formation d'officier au plus fort de la guerre de Corée. Il gravit les échelons sous les ordres du militaire Park Chung-hee, son protecteur, qui prend le pouvoir lors d'un coup d'État en 1961. Lorsque Park Chung-hee est assassiné en 1979, Chun Doo-hwan prend le contrôle de l'enquête sur ce meurtre avant de lancer deux mois plus tard son propre coup d'État militaire, prenant ainsi le contrôle de la Corée du Sud.

Pendant quelques mois, des milliers d'habitants et d'étudiants descendent dans les rues de Gwangju contre le pouvoir de Chun Doo-hwan, qui déclare la loi martiale et réprime les manifestations dans un bain de sang. Cet épisode sombre, devenu le symbole de la lutte pour la démocratie en Corée du Sud, est dénoncé par Chun Doo-hwan et des personnalités d'extrême droite comme une «émeute», fomentée par des sympathisants de la Corée du Nord.

L'ex-dictateur est alors connu sous le nom du «Boucher de Gwangju» pour avoir ordonné à ses troupes de réprimer par la force un soulèvement contre lui dans cette ville du sud-ouest du pays. Le bilan officiel des morts et des disparus à Gwangju est d'environ 200 personnes, mais les militants affirment que ce nombre pourrait être trois fois plus élevé.

En 1996, il a été reconnu coupable de trahison et condamné à mort, en partie pour les événements de Gwangju, mais son exécution a été commuée en appel et il a été libéré à la suite d'une grâce présidentielle.