Le couperet de la justice est tombé de nouveau sur l'ex-président Lula. En prison depuis l'an dernier, il a été condamné mercredi à une deuxième peine de plus de 12 ans de détention pour corruption.

Les deux condamnations ont été prononcées dans le cadre de l'enquête tentaculaire «Lavage express», qui a dévoilé un vaste réseau de trucage systématique des marchés publics par des entreprises du bâtiment ayant graissé la patte d'hommes politiques du tout bord.

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Luiz Inacio Lula da Silva a toujours clamé son innocence, mais la juge Gabrielle Hard l'a condamné à 12 ans et 11 mois de réclusion pour corruption et blanchiment. Cette peine s'ajoute à une autre de 12 ans et un mois qu'il purge déjà depuis avril à Curitiba (sud), pour une autre affaire liée à «Lavage express». Un spécialiste de droit pénal a confirmé à l'Agence France-presse (AFP) que ces deux peines se cumulaient, à partir du moment où elles ne totalisent pas 30 ans de réclusion, le maximum au Brésil.

Lula a toujours réfuté ces accusations

La nouvelle condamnation porte sur des travaux de rénovation financés par deux groupes de BTP pour le compte de l'ex-président dans une propriété rurale à Atibaia, dans l'Etat de Sao Paulo (sud-est). Ces travaux auraient été effectués en échange de contrats avec le groupe étatique pétrolier Petrobras. D'après les enquêteurs, le montant de cette rénovation s'élève à plus d'un million de réais (environ 270 000 francs).

L'ex-président (2003-2010) a toujours réfuté ces accusations, assurant que la ferme d'Atibaia ne lui appartenait pas et qu'elle était enregistrée au nom d'un de ses proches, Fernando Bittar. Cette version n'a pas convaincu la juge Gabriela Hardt.

«C'est un fait que la famille de l'ex-président Lula fréquentait cette ferme de façon assidue, comme si elle en était la propriétaire. En 2014, Fernando Bittar a affirmé que sa famille ne la fréquentait plus avec la même assiduité, et qu'elle était davantage utilisée par la famille de Lula», a expliqué la magistrate.

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Gabriela Hardt a repris en main les dossiers de «Lavage express» en fin d'année dernière, après que le juge emblématique Sergio Moro - bête noire de Lula - a été nommé ministre de la Justice du président d'extrême droite Jair Bolsonaro.