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Des civils syriens marchent dans les décombres, alors qu’un soldat garde une rue du quartier Masaken Hanano, à Alep.
© AFP / George Ourfalian

Syrie

«L’après-Alep» commence à se dessiner

Des discussions prévues à Genève ont été annulées. Il reste peu de choses à négocier

L’affaire est entendue: «Il n’est pas possible d’avoir des discussions sérieuses avec nos partenaires américains», martelait mardi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Exit donc, jusqu’à nouvel ordre, une nouvelle rencontre qui devait se tenir cette semaine à Genève entre Russes et Américains, à propos de la Syrie. Pour Moscou, la discussion ne devait porter que sur un point: la reddition complète des quartiers encore tenus par les rebelles anti-gouvernementaux à Alep-Est. Pour Washington, qui est loin de contrôler ces combattants assiégés de toute part, il s’agissait encore de mettre l’accent sur le sort des dizaines de milliers de civils menacés par l’artillerie et l’aviation syrienne et russe. «Ils veulent revenir au point zéro», s’est encore lamenté Sergueï Lavrov en référence à ses «partenaires» américains.

Les milices alliées au président Bachar el-Assad (principalement des mercenaires pro-iraniens, l’armée syrienne elle-même ne jouant qu’un rôle marginal) ont encore accéléré leur progression ces derniers jours, donnant le sentiment très clair que le sort d’Alep-Est est scellé. La citadelle qui domine le dédale de ruelles de la vieille ville est désormais en ligne de mire. A l’est, entre les quartiers rebelles et l’aéroport, les morceaux de ville tombent les uns après les autres dans l’escarcelle de forces pro-gouvernementales. Au point que l’enclave tenue par les groupes armés – ils sont au moins une cinquantaine, dont une majorité appartiennent à l’Armée syrienne libre, mais qui comprend aussi plusieurs centaines de djihadistes – aurait déjà été réduite des deux tiers.

«Univers parallèle»

«J’espère que la Russie ne va pas enflammer encore les passions en détruisant totalement Alep», disait pour sa part mardi le secrétaire d’Etat américain. Ou encore: «La chute d’Alep ne va pas changer la complexité fondamentale de cette guerre.» Autant de formules qui, du point de vue de Washington, semblent confirmer que la messe est dite.

Il y a quelques semaines, John Kerry avait déploré que son alter ego russe évolue dans un «univers parallèle». Il pourrait sans doute répéter la formule. A New York, au Conseil de sécurité de l’ONU, les Russes (et les Chinois) ont opposé lundi leur veto à un texte qui prévoyait l’instauration d’un cessez-le-feu d’une semaine, l’évacuation des malades et des blessés, ainsi que l’acheminement de vivres et de matériel médical pour les civils. «Une tentative de gagner du temps pour laisser les militants reprendre leur souffle et réapprovisionner leur stock (d’armes)», a estimé Lavrov. Le chef de la diplomatie russe est catégorique: «Les militants qui refuseront de quitter Alep-Est seront éliminés.» Mais c’est ce même Sergueï Lavrov qui, contre toute attente, semble être à l’origine de la perspective d’un retour aux discussions à Genève.

Avant l’arrivée de Trump

Le destin d’Alep-Est sera-t-il réglé avant l’arrivée de Donald Trump le 20 janvier? C’est désormais presque sûr. Mais d’ici là, le basculement ne devrait pas être que militaire. L’opposition syrienne «interne» – regroupée par Moscou et adoubée par le régime syrien – donne de plus en plus de signes de vouloir reprendre la main. Oublié le Haut Comité des négociations, qui menait jusqu’ici les discussions de Genève face à la délégation du gouvernement syrien. «Nous devons travailler à obtenir une reconnaissance internationale», affirmait ces jours Mais Krydee, un représentant de l’opposition dite de Hmeymim, du nom de la principale base militaire russe en Syrie. «L’Etat syrien doit d’abord libérer Alep. Et ensuite, nous discuterons du dialogue entre Syriens.»

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