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Au large de l’Australie, l’espoir d’une trace du MH 370

Un premier navire norvégien arrivé sur la zone où des débris ont été signalés pourrait apporter des débuts de réponse au mystère du Boeing 777 disparu de Malaysia Airlines. Le point à 13h30, en fonction des dernières informations

Des débris d’une longueur de 24 mètres flotteraient à la surface de l’Océan Indien, dans une zone présentée depuis quelques jours comme l’un des deux «corridors» que le Boeing 777 de Malaysia Airlines pourrait avoir survolés dans la nuit du 7 au 8 mars dernier. Si la présence de débris en provenance de l’appareil se confirme, le mystère commencerait enfin à se lever...Ce qui ne signifie pas, loin s’en faut, que le déroulement des faits sera rapidement reconstitué.

Quels sont les nouveaux éléments apportés par les autorités australiennes ?

Depuis le 17 mars, la marine et l’aviation australienne ont pris la direction de la grande traque pour retrouver des traces de l’appareil disparu dans la zone «sud», à savoir un immense périmètre situé au large de la Malaisie et de l’Indonésie, jusqu’à la côte ouest de l’Australie. Les enquéteurs ont très vite surnommé cette zone le «corridor sud», à l’opposé du «corridor nord» qui remonte des côtes malaisiennes vers l’Asie centrale, en passant au dessus du nord de la Thaïlande, de l’Inde, puis du Pakistan, etc...

Le nouvel élément apporté cette nuit (dans la matinée, à l’heure australienne) est une série de photos montrant des «possible objects» - «d’éventuels objets» - d’une longueur approximative de 24 mètres. La localisation de ces objets est proprement incroyable au regard de l’itinéraire normal de l’appareil disparu. Le Boeing 777 de Malaysia Airlines a en effet décollé de Kuala Lumpur pour se diriger plein nord, vers le Vietnam, puis vers la Chine, en direction de Pékin. Or la zone de recherche actuelle se trouve radicalement à l’opposé, en plein au sud-ouest de la capitale malaisienne. Et à des milliers de kilomètres de la péninsule malaise ! Si la présence de débris d’origine aérienne se confirme, la thèse de l’avion dérouté - pour des raisons techniques, accidentelles ou criminelles - s’avérera donc la bonne. On peut aussi penser que ces débris ont dérivé depuis plus de dix jours au fil des courants. Dans tous les cas, une telle découverte ne serait que le début d’un immense puzzle. A une différence près: celle fois: les enquéteurs auront enfin mis la main sur une première trace tangible de l’avion évanoui des écrans radars malaisiens à 01h22 le samedi 8 mars.

Peut-on juger cette dernière piste crédible ?

Il est beaucoup trop tôt pour le dire. La nuit est tombée depuis quelques heures dans cette partie de l’Océan Indien où les conditions climatiques sont, en plus, défavorables ces jours-ci. Le premier navire arrivé sur place, à 2500 kilomètres environ à l’ouest de Perth en Australie, est un porte-container norvégien, le Hoegh Saint Petersbourg. Il s’est dérouté à la demande des autorités australiennes et sera sans doute rejoint dans la nuit par des navires de guerre, mieux équipés pour partir à la recherche des débris afin de les identifier. Le navire marchand norvégien a toutefois les moyens, par radar et sonar, de préciser la localisation des objets et de les baliser, pour faciliter ensuite les recherches. Etre dans les parages peut lui permettre, en outre, d’apercevoir d’autres objets flottants.

Gare toutefois aux espoirs susceptibles d’être trop vite décus. Les océans sont remplis de détritus et de débris et les traces d’objets repérés le 11 mars par la marine vietnamienne dans la première zone de recherche, en Mer de Chine du sud, n’ont conduit nulle part. Malheureusement, le calvaire des familles des 239 passagers et membres d’équipage, parmi lesquels 153 Chinois, est donc assuré de durer quelques jours encore. On peut néanmoins relever deux ou trois éléments prometteurs: 1) L’annonce de la découverte de ces objets a été faite par le premier ministre australien Tony Abbott lui-même, ce qui accrédite l’idée d’une piste sérieuse 2) Le terme «piste crédible» commence à être utiliser à Kuala Lumpur, au centre d’informations malaisien. 3) L’on peut penser que des premières vérifications ont eu lieu, vu l’attention mondiale sur ce dossier, avant les annonces publiques.

Si ces débris appartiennent au MH 370, quelles conclusions?

Deux conclusions s’imposeront de suite, sitôt la confirmation de l’origine de ces débris: 1) Première conclusion: l’avion a bel et bien volé beaucoup plus longtemps qu’on le croyait, et dans une direction tout à fait différente de sa trajectoire commerciale. Cette affirmation est déja largement anticipée. Les recoupements de traces radars civils et militaires des différents pays de la région, tous mobilisés, ont montré que le MH 370 avait changé de cap et qu’il avait aussi changé d’altitude à plusieurs reprises. 2) Seconde conclusion: un tel reroutage suppose qu’il s’est passé quelque chose d’imprévu dans le cockpit, noeud de l’affaire. Cela peut vouloir dire qu’un ou plusieurs pilotes ont fait virer l’appareil sciemment, soit pour atterrir en urgence, soit parce que des incidents étaient survenus à bord. S’agissaient- ils des pilotes de Malaysia Airlines, forcés d’obtempérer et de débrancher leurs liaisons radio par des hommes armées ? S’agissait il d’un commando les ayant remplacés ? Ou s’agissait il, juste, d’une tentative désespérée des pilotes de sauver l’appareil confronté à une panne massive (par exemple un incendie) comme l’explique longuement sur internet le bloggeur Chris Goodfellow, lui même pilote ?

La même question reviendra alors, lancinante: comment tant de kilomètres ont ils pu être parcourus par le Boeing ? Pourquoi les radars ne l’ont ils pas vu ? L’histoire se précisera. mais elle gardera une énorme part de mystère et pourrait prendre des mois avant d’être élucidée.

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