L'armée américaine a frappé cinq positions en Irak d'une milice pro-iranienne dans la nuit de jeudi 12 à vendredi 13 mars. L'opération se veut une riposte à la mort de deux militaires américains dans une attaque à la roquette sur une base de la coalition internationale en Irak.

«Ces frappes étaient défensives, proportionnées et en réponse directe à la menace posée par les groupes armés chiites pro-iraniens qui continuent à attaquer les bases accueillant les forces de la coalition» internationale antidjihadiste en Irak, a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

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Elles ont visé cinq unités de stockage d'armement des Brigades du Hezbollah (Kataeb Hezbollah), l'une des factions pro-Iran les plus radicales d'Irak, «pour réduire leurs capacités à mener de futures attaques contre les forces de la coalition», a précisé le ministère américain de la Défense. «Ces groupes terroristes doivent cesser leurs attaques contre les forces américaines et de la coalition, sinon ils devront en subir les conséquences, au moment et à l'endroit de notre choix», a ajouté le Pentagone.

Opération purement américaine

Le ministre américain de la Défense Mark Esper avait prévenu un peu plus tôt que Washington allait «punir les coupables» après qu'une trentaine de roquettes ont été tirées mercredi en début de soirée sur la grande base de Taji, dans la banlieue de Bagdad, qui abrite des militaires de la coalition.

Deux militaires américains et une militaire britannique ont été tués dans cette attaque, la 22e contre des intérêts américains en Irak depuis la fin octobre, qui a également fait 14 blessés américains, britanniques, polonais et autres, dont cinq sont dans un état grave. Un responsable américain dans la région a précisé que les frappes de représailles n'étaient «pas une opération de la coalition, c'est une opération spécifiquement américaine».

Appels à attaquer

À Bagdad, des responsables locaux de la sécurité ont précisé à l'AFP que des bases des brigades du Hezbollah dans la zone de Jorf al-Sakher, dans la province de Babylone qui borde Bagdad au sud, avaient été visées par au moins cinq bombardements. Les forces de sécurité irakiennes sont aussitôt entrées en état d'alerte, ont-ils ajouté.

Fin 2019, des bombardements aériens américains à la frontière irako-syrienne avaient fait 25 morts dans les rangs de supplétifs irakiens de l'Iran en riposte à la mort d'un sous-traitant américain dans une attaque contre une base du nord du pays.

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Les factions irakiennes pro-Iran promettent régulièrement de «venger» leur chef, Abou Mehdi al-Mouhandis, tué en janvier à Bagdad par Washington aux côtés du général iranien Qassem Soleimani. Jeudi, les brigades du Hezbollah ont salué «ceux qui ont mené cette opération contre les forces d'occupation américaines» sans toutefois la revendiquer. Elles ont appelé à plus d'attaques anti-Américains.

Position délicate

Questionné jeudi au Congrès, le général Kenneth McKenzie, chef du commandement militaire américain central (Centcom), qui couvre notamment l'Irak et la Syrie, a rappelé que les États-Unis avaient envoyé plus de 10 000 militaires dans la région en renfort après la mort du général Soleimani. Et ces renforts seront nécessaires tant que l'administration du président Trump appliquera sa politique de «pression maximum» sur l'Iran, combinant isolement diplomatique et sanctions économiques, a-t-il prévenu.

Les autorités irakiennes sont dans une position délicate face à la coalition: elles continuent à mener des opérations avec ses troupes contre les djihadistes, mais le Parlement a récemment voté l'expulsion des soldats américains du pays et le gouvernement doit maintenant faire appliquer cette décision.

Et alors même que la coalition avait annoncé suspendre ses activités en Irak en raison des tensions entre Téhéran et Washington, dimanche encore, elle a perdu deux hommes - des Américains - dans des combats contre des djihadistes dans le nord irakien.