Selon des enquêtes du New York Times, les frappes de drones en Afghanistan, Irak et Syrie ont fait des milliers de victimes civiles, dont de nombreux enfants. La protection des civils est un «impératif stratégique et moral», a noté Lloyd Austin dans un mémo destiné à la chaîne de commandement militaire et publié jeudi.

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«Nous allons réexaminer la façon dont nous évaluons les incidents qui peuvent avoir causé des dommages aux civils, reconnaître les dommages infligés aux civils […] et en incorporer les leçons tirées dans la préparation et l’exécution de futures opérations», a-t-il ajouté.

Le ministre a donné trois mois au Pentagone pour lui remettre un plan d’action pour éviter au maximum les victimes civiles, puis trois mois supplémentaires pour élaborer de nouvelles instructions destinées aux opérateurs de drones et à leur chaîne de commandement.

Mesures déjà recommandées

Il a en outre décidé de créer un «centre d’excellence» pour développer de meilleurs outils capables de réduire les risques pour les civils, et de rassembler sur une base de données unique tous les incidents connus par les divers commandements de l’armée américaine dans le monde, afin d’en tirer les leçons.

Ces mesures étaient recommandées par un rapport du centre de réflexion Rand commissionné par le Pentagone à la demande du congrès. Remis en février 2021 au Pentagone mais rendu public jeudi, ce rapport conclut que les divers commandements de l’armée américaine ne partagent pas suffisamment les leçons tirées de leurs bavures et que le ministère américain de la défense ne dédommage pas les familles des victimes de façon cohérente.

L’armée américaine a ainsi accordé beaucoup plus souvent des dédommagements «ex-gratia», c’est-à-dire qu’elle accorde une compensation financière aux familles des victimes sans reconnaître sa responsabilité légale, en Afghanistan qu’en Irak, a relevé l’un des auteurs du rapport, Michael McNerney.

«Le Pentagone doit expliquer plus clairement l’objectif de ces paiements», a-t-il déclaré à la presse. «Sont-ils là pour aider les forces américaines ou les commandants d’unités, comme certains les ont utilisés en Afghanistan, ou devraient-ils servir à reconnaître un tort et à rendre des comptes?»