Les violences se poursuivent de plus belle entre Israéliens et Palestiniens. Ripostant à l'attentat-suicide commis par un kamikaze du Hamas dans un autobus bondé circulant à Jérusalem (douze morts dont le terroriste, cinquante-trois blessés), Tsahal a réoccupé hier la ville de Bethléem, où résidait l'auteur de massacre. Baptisée «Réaction en chaîne», cette opération s'est déroulée sans rencontrer grande résistance. Y compris à El Hader, El Aïda, et Dehaïcheh, les trois camps de réfugiés jouxtant Bethléem, où les unités spéciales ont effectué des rafles (une quinzaine d'arrestations).

En revanche, des combats violents se sont déroulés durant plusieurs heures dans le camp de réfugiés de Jénine, où Tsahal mène également depuis hier une «opération de nettoyage antiterroriste». Au cours de ces échanges de tirs, un Palestinien âgé de treize ans et Ian John Hawk, un fonctionnaire irlandais de l'Unwra (l'agence des Nations unies créée en 1949 pour subvenir aux besoins des populations palestiniennes), ont été tués par des balles perdues sans que l'on sache si celles-ci sont israéliennes ou palestiniennes.

Ailleurs en Cisjordanie, Tsahal a organisé d'autres rafles «antiterroristes» à Naplouse et de jeunes Palestiniens ont attaqué des voitures de colons à coups de pierres. L'une d'entre elles s'est renversée sur la route près de Ramallah et deux de ses passagers ont été blessés. Enfin, de nombreux accrochages se sont également produits dans la bande de Gaza, où des membres des «Brigades martyrs Al-Aqsa» (l'une des milices du Fatah, le parti de Yasser Arafat) ont tenté de s'infiltrer dans le bloc de colonies juives de Gouch Katif. Un Palestinien a été blessé et un soldat israélien tué durant ces incidents, qui se poursuivaient encore dans la soirée de vendredi.