L'explosion, vendredi matin, d'un véhicule piégé à l'entrée d'une base de l'Armée du Liban-Sud (ALS) aura fait au moins trois morts dans les rangs de la milice pro-israélienne. Sous le souffle de la déflagration, un immeuble de trois étages s'est effondré. Parmi les décombres, les miliciens valides ont secouru plusieurs blessés. Ces derniers étaient transportés peu après par un hélicoptère israélien jusqu'à un hôpital militaire. En représailles, l'armée de l'air israélienne a lancé quatre raids sur des positions du Hezbollah au Liban-Sud. Puis, dans l'après-midi, les échanges de tirs faisaient trembler toute la région. Durant ces duels d'artillerie, un soldat israélien était blessé. La tension montait encore de plusieurs crans lorsque des volées de roquettes atteignaient des localités de la zone de sécurité, dont son chef-lieu Marjayoune.

Cet attentat porte un nouveau coup très dur au moral des miliciens de l'ALS, déjà ébranlé par la perspective d'un prochain retrait israélien du Liban-Sud. Ce retrait, le cabinet d'Ehud Barak souhaite le voir se dérouler dans le calme et la sécurité. Mais, de toute évidence, le Hezbollah veut faire de ce repli israélien une débandade sous le feu des mortiers et des armes automatiques. Cette journée donne un avant-goût de ce qui pourrait se passer en cas de retrait unilatéral israélien du Liban-Sud. La dégradation rapide de la situation à la frontière pourrait toutefois inciter Ehud Barak à renouer le dialogue avec le président syrien Hafez el-Assad. Le premier ministre israélien a en effet tout à craindre sur le plan de politique intérieure d'un embrasement de la région frontalière. Dans ce climat de tension, l'envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient, le Norvégien Terje Larsen, a rencontré vendredi le ministre israélien des Affaires étrangères pour discuter d'un éventuel déploiement de casques bleus le long de la frontière israélo-libanaise. David Levy appelle en effet de ses vœux la mise en place d'une force d'interposition des Nations unies, mais encore faut-il que le Liban donne son aval.