Moyen-orient

L’armée syrienne dit avoir pris la ville stratégique de Qousseir

L’armée syrienne affirme contrôler le cœur de Qousseir, une place forte des rebelles dans le centre du pays. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ce serait la chute de la région de Homs. Dans une rare interview, Bachar al-Assad réaffirme vouloir rester au pouvoir

L’armée syrienne a affirmé dimanche contrôler le coeur de Qousseir, une place forte des rebelles dans le centre du pays. Cette ville se trouve dans un secteur clé pour le régime, entre un bastion libanais du Hezbollah et des régions côtières syriennes où résident des communautés alaouites.

Depuis plusieurs semaines, l’armée tente de reprendre la ville de 25 000 habitants située sur l’axe stratégique reliant la capitale au littoral et qui échappe à son contrôle depuis plus d’un an. Les militaires reçoivent l’appui du Hezbollah libanais et des miliciens pro-régime.

La télévision d’Etat a précisé que l’armée poursuivait «les terroristes dans la ville», selon la terminologie utilisée par le régime pour désigner les rebelles. «Si l’armée parvient à contrôler Qousseir, c’est toute la province de Homs qui tombe» aux mains du régime, a estimé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Raids aériens intensifs

Le secteur a une importance stratégique pour le gouvernement de Damas. Celui-ci veut assurer la liaison entre la plaine libanaise de la Bekaa, bastion du Hezbollah, et les régions de la côte syrienne où vivent de nombreux alaouites, membres d’une branche du chiisme à laquelle appartient le président syrien Bachar al-Assad.

L’assaut terrestre a été lancé dimanche après une série de raids aériens intensifs et de violents tirs d’artillerie et de mortier qui ont fait 30 morts, selon un nouveau bilan de l’OSDH, qui s’appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales et militaires.

Des combats acharnés ont ensuite éclaté aux entrées de la ville défendue par les rebelles face aux chars de l’armée et aux combattants du Hezbollah chiite. Cet allié indéfectible de Damas «joue un rôle central dans la bataille», a indiqué M. Abdel Rahmane.

Le Conseil national syrien, principale composante de l’opposition, a dénoncé «les tentatives de faire disparaître la ville et ses habitants de la carte». Il a appelé à une réunion urgente de la Ligue arabe en vue d’»arrêter le massacre».

Bachar al-Assad veut rester au pouvoir

L’assaut est intervenu au lendemain d’un rare entretien de Bachar al-Assad dans lequel il a martelé son refus de quitter le pouvoir avant l’élection présidentielle de 2014. Le chef d’Etat a même laissé entendre qu’il serait candidat à sa propre succession.

Il s’est en outre dit sceptique quant à la conférence internationale prévoyant un dialogue opposition-régime. Cette rencontre est voulue par Moscou et Washington pour trouver une solution au conflit qui a fait plus de 94 000 morts depuis mars 2011, selon l’OSDH. Le comité de la Ligue arabe sur la Syrie se réunira d’urgence jeudi, dans la perspective de cette conférence de paix internationale.

De son côté, l’opposition décidera le 23 mai de sa participation. Elle a estimé que le silence de la communauté internationale sur l’assaut de Qousseir risquait de «faire perdre tout sens à toute conférence et à tout effort de paix».

Moscou, grand allié d’Assad à qui il fournit des armes, plaide pour son maintien jusqu’à une élection. Washington a réclamé à plusieurs reprises son départ. Un retrait de Bachar al-Assad est posé comme condition sine qua non par l’opposition à toute initiative de paix.

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