Les propositions du député PS Yann Galut et ses collègues sont très mal reçues en Suisse. «La France hyperventile, estime le président du PDC, Christophe Darbellay. Elle ferait mieux de balayer devant sa porte!» C’est surtout l’idée d’autoriser l’exploitation de données volées dans les banques qui fâche le Valaisan: «C’est choquant, indigne d’un Etat de droit!» Le second point – la création d’un délit de «fraude fiscale commise en bande organisée», qui permettrait d’infiltrer des établissements financiers ou des cabinets d’avocats – n’est pas mieux accueilli: «Là, on se situe quelque part entre Big Brother et la Stasi!» tonne Christophe Darbellay. En revanche, l’idée de pouvoir rendre les conseillers fiscaux peu scrupuleux complices de fraude fiscale trouve grâce à ses yeux: «Si un professionnel aide sciemment son client à frauder, j’ai moins d’arguments pour le défendre.»

Président du PS suisse, Christian Levrat fait une autre lecture: «La ­manière dont la France veut s’organiser ne nous concerne pas. Mais ce n’est pas en tirant tous azimuts qu’elle résoudra ses problèmes fiscaux. La meilleure solution passe par l’échange automatique au sein de l’UE, étendu à la Suisse en échange d’un accès au marché.»

Le sujet ne manquera pas de pimenter la rencontre prévue, en avril encore à l’ambassade de France à Berne, entre deux députés français chargés d’une «mission sur les pa­radis fiscaux» – Nicolas Dupont-Aignan et Alain Bocquet – et des élus suisses, dont Christophe Darbellay et Jean-François Rime.