Les résultats du huitième sommet de l’ASEM (Asia-Europe meeting) ne se mesureront pas en termes de communiqués ou de décisions politiques majeures. Alors que les chefs d’Etat ou de gouvernement ont commencé à défiler, vers 15h, au palais Royal de Bruxelles pour être reçus par le Roi des Belges Albert Ier, c’est sur le plan économique que ce forum composé de 46 pays et deux organisations régionales (la Commission Européenne et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est) est attendu. Avec l’Union européenne dans le rôle du demandeur.

A preuve: la Commission européenne s’est félicitée lundi du soutien apporté au cours du week-end par la Chine à la Grèce, qui peine à sortir d’une grave crise financière. «Tout appui à travers l’investissement, à travers les importations – l’un des sujets qui ont été évoqués par les autorités chinoises – peut appuyer la reprise de l’économie grecque qui est soumise à des tensions fortes», a souligné le porte-parole de la Commission pour les Affaires économiques, Amadeu Altafaj.

Cette marque de confiance est importante. L’ASEM, dont l’utilité politique est contestée, compte en son sein 17 pays membres du G20. La Chine, l’Inde, et maintenant la Russie en font partie, ainsi que la Corée du Sud, le Japon ou encire ce grand pays émergent qu’est l’Indonésie. Leurs marchés sont donc naturellement très convoités par les exportateurs communautaires. Tandis que les banques et les Etats de l’UE lorgnent sur l’épargne accumulée en Asie depuis la grande crise financière de 1997-1998 qui avait affecté la région. Une crise très largement similaire à celle survenue, dix ans plus tard, en Europe et aux Etats-Unis. Le sommet de l’ASEM, qui se tient tous les deux ans (celui de 2008 avait eu lieu à Pékin, celui de 2012 aura lieu au Laos) débute ce lundi par une séance de travail puis un dîner. Il se poursuivra mardi matin, suivi le 6 octobre par un sommet UE-Chine. Le sommet est dirigé par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, en l’absence remarquée de la haute-représentante pour les Affaires étrangères Catherine Ashton, en déplacement en Afrique. La décision de la commissaire britannique, alors que la plupart des ministres asiatiques des Affaires étrangères sont présents à Bruxelles, a suscité une controverse de plus au sein de l’UE où leadership diplomatique est contesté.

La participation financière des Asiatiques à certains grands projets d’investissement en Europe n’est par conséquent plus taboue. Lors d’une visite à Athènes, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a indiqué samedi que la Chine allait «participer à l’achat de nouvelles obligations grecques» quand la Grèce reviendra sur les marchés financiers. Athènes et Pékin ont signé un accord sur le développement des investissements chinois en Grèce et des accords commerciaux privés dans le secteur de la marine marchande, des technologies de télécommunications, du tourisme ou de l’importation de matières premières typiquement grecques, comme le marbre. De quoi permettre aux autorités de Pékin d’en faire leur porte d’entrée vers Europe du sud et les Balkans.