Même s'ils sont moins certains de l'existence d'un programme militairere secret, les Etats-Unis vont continuer à exiger de la Corée du Nord qu'elle dévoile ses activités nucléaires, a affirmé hier à Tokyo le numéro 2 du Département d'Etat, John Negroponte. «Les services de renseignement [...] sont certains que la Corée du Nord a eu un programme d'enrichissement d'uranium dans le passé, mais [...] ils ne sont pas complètement sûrs que ce programme se poursuit», a plaidé le secrétaire d'Etat adjoint en tournée asiatique.

Il répondait indirectement aux démocrates qui, au Congrès ont réclamé des explications après qu'un responsable du renseignement eut reconnu que les services secrets américains n'étaient plus certains de l'existence de ce programme d'enrichissement d'uranium. Et ce, alors que, le 13 février, la Corée du Nord s'est engagée à démanteler ses programmes nucléaires contre une importante aide énergétique.

«Troublant»

En 2002, les Etats-Unis avaient accusé la Corée du Nord de développer un programme à des fins militaires. Mais, mardi, le responsable chargé de la Corée du Nord à la Direction nationale du renseignement, Joseph DeTrani, a reconnu, lors d'une audition parlementaire, que le renseignement croyait à l'existence du programme nord-coréen d'enrichissement d'uranium, mais qu'il avait des doutes: «Nous pensons toujours que le programme existe, mais notre certitude est à un niveau moyen.»

Le New York Times, citant deux responsables de l'administration Bush, affirme que si Washington avait les mêmes doutes quand il a proféré ces accusations en 2002, la stratégie de négociation avec la Corée du Nord aurait pu être différente. L'enchaînement d'événements qui a conduit Pyongyang à procéder à un essai nucléaire en octobre 2006 aurait pu être évité, selon le journal. Pour le numéro deux de la majorité démocrate, Richard Durbin, il est «troublant de trouver une telle incertitude quand il s'agit de questions de renseignement d'une telle gravité». «Dire que certains pays appartiennent à un «Axe du mal», et découvrir ensuite qu'il y avait des lacunes majeures dans nos renseignements sur l'Irak, et maintenant sur un autre pays de l'«Axe du mal», cela n'inspire pas confiance», a-t-il ajouté.