Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
A l'aéroport Atatürk, 29 juin 2016.

Istanbul 

L'attentat suicide à l’aéroport Istanbul a fait 41 morts

L'aéroport international d'Istanbul Atatürk a été visé mardi soir. 41 personnes ont perdu la vie, et 239 ont été blessées. L'Etat islamique est suspecté. Barack Obama propose l'aide des Etats-Unis à la Turquie

Au moins 41 personnes, dont 13 étrangers, ont été tuées et 239 blessées mardi soir dans un triple attentat-suicide à l'aéroport international Atatürk d'Istanbul, une attaque qui semble porter la marque du groupe Etat islamique (EI).

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier dans la métropole turque déjà visée trois fois cette année et la Turquie a décrété ce mercredi jour de deuil national. Mercredi dans l'après-midi, Barack Obama a proposé l'aide des Etats-Unis aux autorités turques. Les autorités françaises ont indiqué qu'à leur connaissance, deux Français sont «légèrement blessés».

Trois kamikazes

Selon les autorités, des explosions ont d’abord eu lieu à l’entrée du terminal des vols internationaux vers 22h (19h GMT). Trois assaillants ont mitraillé des passagers ainsi que des policiers en faction, une fusillade a éclaté puis les kamikazes se sont fait sauter, un scénario rappelant les attentats djihadistes ayant ensanglanté Paris en novembre dernier (130 morts).

Lire aussi: La Turquie sombre dans la peur des attentats

«Trois kamikazes ont mené une attaque», a indiqué Vasip Sahin, le gouverneur d’Istanbul, aux journalistes. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rapidement exhorté la communauté internationale à une «lutte commune» contre le terrorisme, dans un communiqué. «Cette attaque, qui s’est déroulée pendant le mois du ramadan, montre que le terrorisme frappe sans considération de foi ni de valeurs.»

«Un acte abominable»

Le président français François Hollande a «condamné fermement un «acte abominable» tout en appelant lui aussi à un renforcement de la coopération internationale en matière de lutte antiterrorisme. A Washington, un porte-parole de la Maison blanche a condamné ces attaques «abominables» tout en promettant le soutien des Etats-Unis à Ankara. Le sécrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a «condamné l’attaque terroriste» et a lui aussi réclamé une coopération internationale accrue.

La télévision turque a diffusé des images très impressionnantes sur lesquelles on voit un policier tirer sur un assaillant puis celui-ci, blessé, tomber au sol en actionnant sa charge. Un grand mouvement de panique s’est emparé du terminal des vols internationaux lorsque deux violentes explosions suivies de coups de feu ont d’abord été entendues.

Des photos et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une énorme boule de feu à l’entrée du terminal et des membres de la sécurité en train de faire évacuer des passagers qui hurlaient dans des couloirs, pris de panique. On voyait aussi des passagers gisant au sol et d’importants dégâts matériels à l’intérieur du terminal. Des centaines de policiers et pompiers se trouvaient sur place.

J’attendais mon vol pour Tokyo et soudain plein de gens se sont enfuis et je les ai suivis. J’ai entendu des coups de feu et c’était la panique.

«J’attendais mon vol pour Tokyo et soudain plein de gens se sont enfuis et je les ai suivis. J’ai entendu des coups de feu et c’était la panique», a déclaré une Japonaise, Yumi Koyi. Oftah Mohammed Abdullah raconte à l’AFP avoir vu l’un des assaillants: «Il avait une écharpe rose, une veste courte et avait caché un fusil (dessous). Il l’a sorti et a commencé à tirer sur les gens. Il marchait comme un prophète.» Les télévisions montraient en boucle des scènes de pagaille devant un grand hôpital proche de l’aéroport, Bakirkoy, submergé par des proches cherchant à avoir des nouvelles de voyageurs.

Swiss annule ses vols

Le premier ministre est arrivé d’Ankara à l’aéroport d’Atatürk quelques heures seulement après le triple attentat tandis qu’une réunion ministérielle de crise se tenait dans la capitale autour de plusieurs ministres.

Tous les vols ont été suspendus au départ d’Atatürk, le plus grand aéroport de Turquie et le onzième dans le monde, avec ses 60 millions de passagers en 2015. Puis le trafic aérien a pu reprendre à partir de 3 h locales (minuit GMT), selon Binali Yildirim. 

Swiss a annulé l'ensemble de ses vols du mercredi au départ et à destination de la métropole turque. Deux vols aller-retour entre Zurich et Istanbul sont touchés par cette mesure. Les passagers concernés ont été informés, annonce mercredi la compagnie aérienne dans un communiqué.

La Turquie visée par une série d’attentats

Abdullah Agar, un expert des affaires de sécurité et de terrorisme, interrogé par CNN-Türk, a privilégié la thèse d’un attentat djihadiste. «Cela ressemble beaucoup à leurs méthodes», a-t-il dit, en référence aux attaques survenues dans l’aéroport et le métro de Bruxelles (32 morts). L’aéroport de la capitale belge, frappé le 22 mars dernier, a d’ailleurs adressé ses condoléances à la Turquie sur Twitter.

Un autre aéroport d’Istanbul, Sabiha Gokcen, avait été la cible en décembre d’un attentat qui avait fait un mort, un employé. Les consulats américain et français ont demandé à leurs ressortissants de ne pas se rendre dans la zone d’Atatürk.

Colère sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont dénoncé la proximité présumée du régime islamo-conservateur du président Erdogan avec l’EI en Syrie voisine, une thèse toujours démentie par les dirigeants au pouvoir en Turquie. «Les assassins que vous avez entraînés (Syrie) et tolérés commettent des massacres», a écrit notamment Fehim Tastekin sur Twitter.

Istanbul et Ankara ont été secouées depuis l’an dernier par une série d’attentats qui ont fait près de 200 morts, des centaines de blessés et créé un climat de forte insécurité. Istanbul avait déjà été visée en janvier (12 touristes allemands tués, imputé à l’EI), en mars (4 touristes tués, attribué aussi à l’EI) et début juin (11 morts dont six policiers, revendiqué par les combattants kurdes). Les attentats en Turquie ont visé des lieux touristiques emblématiques, provoquant une chute immédiate du tourisme, ou les forces de sécurité turques.

Lire aussi: Le tourisme touché en plein cœur en Turquie

Ils ont été attribués soit à l’EI, qui n’en a revendiqué aucun, ou aux rebelles kurdes, notamment aux TAK, une émanation du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a