A deux jours de son départ, Barack Obama a affirmé mercredi qu’il se ferait discret pour laisser Donald Trump gouverner, mais il a souligné qu’il prendrait la parole si les «valeurs fondamentales» de l’Amérique – immigration, liberté de la presse, droit de vote – étaient en danger.

«Je suis profondément convaincu que ça va aller», a déclaré le président américain, 55 ans, lors de sa dernière conférence de presse à la Maison-Blanche, défendant, comme il le faisait déjà lors de sa première campagne en 2008, une forme d’optimisme sur l’avenir de la démocratie américaine.

Barack Obama quitte le pouvoir nanti d’une cote de popularité au zénith proche de celle dont il bénéficiait à son arrivée en 2009. Selon le dernier sondage en date, réalisé par CNN/ORC et diffusé mercredi, 60% des Américains approuvent son action. Il figure en haut de tableau des présidents en fin de mandat, juste derrière Bill Clinton (66% en janvier 2001) et Ronald Reagan (64% en janvier 1989).

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Abordant sa vie d’après la Maison Blanche, Barack Obama a insisté sur son envie de prendre du recul après huit années dans la «bulle» de la Maison-Banche. «Je veux écrire, être un peu silencieux, je veux passer du temps avec mes filles», a énuméré le président démocrate qui partira en vacances en famille en Californie dès la cérémonie d’investiture terminée. «Je ne veux pas m’entendre parler autant», a-t-il ajouté dans un sourire.

Un dernier avertissement à Donald Trump

Très à l’aise dans la défense de son bilan, le ton calme, le président sortant a tracé une ligne entre le jeu politique normal, auquel il n’entend pas se mêler, et les questions qui touchent au fonctionnement même de la démocratie, lançant de fait un avertissement à son successeur.

«Je mets dans cette catégorie la discrimination systématique, les obstacles au droit de vote, les tentatives visant à faire taire les voix discordantes ou la presse ou encore l’idée d’expulser des enfants qui ont grandi ici et qui sont, à tous égards, des enfants américains».

 

«Justice a été rendue» pour Chelsea Manning

Barack Obama a aussi défendu le bilan de ses deux mandats, et en particulier la décision annoncée mardi de commuer la peine de Chelsea Manning, condamnée à 35 ans de prison pour avoir transmis des documents confidentiels au site WikiLeaks.

«Je n’ai aucun problème à dire que justice a été rendue», a-t-il déclaré. Chelsea Manning a purgé «une dure peine de prison […] elle a été jugée […] elle a admis sa responsabilité pour son crime, la peine qu’elle a reçue était très disproportionnée», a-t-il ajouté, rappelant qu’il avait commué et non annulé cette peine.

Pour une relation constructive avec la Russie

Interrogé sur la volonté de Donald Trump de réchauffer les relations glaciales entre la Maison-Blanche et le Kremlin, Barack Obama s’est gardé de critiquer directement son successeur républicain, mais a tenu à faire une mise au point.

«Je pense qu’il est dans l’intérêt de l’Amérique et du monde d’avoir une relation constructive avec la Russie», a-t-il insisté, tout en soulignant que cette vision s’était heurtée à une «escalade du discours anti-américain» lorsque Vladimir Poutine est revenu à la présidence russe en 2012, menant à une relation Washington-Moscou plus «antagoniste» et «difficile».

Appel à la reprise du dialogue entre Israël et Palestine

C’est sur le conflit israélo-palestinien, sur lequel il s’est dit «profondément inquiet», que le président démocrate a lancé la mise en garde la plus nette à l’homme d’affaires de New York qui a promis d’installer l’ambassade américaine à Jérusalem, un geste qui sonnerait le glas d’une possible «solution à deux Etats».

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Mettant en garde contre le fait de procéder à des décisions unilatérales «soudaines» dans un environnement potentiellement «explosif», il a aussi appelé à la reprise du dialogue, soulignant combien le statu quo était «dangereux pour Israël, mauvais pour les Palestiniens, mauvais pour la région et mauvais pour la sécurité aux Etats-Unis».