Afrique du sud

L’audience de demande de mise en liberté d’Oscar Pistorius suspendue jusqu’à jeudi

L’audience du tribunal de Pretoria qui examine la demande de mise en liberté sous caution du champion handisport sud-africain Oscar Pistorius a été suspendue jusqu’à jeudi. La défense d’Oscar Pistorius, accusé du meurtre de sa petite amie Reeva Steenkamp le 14 février, pourra avancer ses arguments en faveur d’une libération sous caution. Mercredi, le procureur Gerrie Nel a contredit la version des faits de l’athlète.

Oscar Pistorius avait dit la veille que la soirée s’était bien passée et que le couple s’était endormi après 22h00. Le sportif affirmait qu’il ne s’était réveillé que peu de temps avant les faits et avait tiré sur la porte des toilettes car il craignait l’intrusion d’un voleur et pensait que sa petite amie était encore au lit.

L’enquêteur Hilton Botha a déclaré qu’un témoin avait entendu un tir au domicile de Pistorius suivi par des cris, puis par de nouveaux tirs. «La victime était habillée au moment des tirs», a souligné le procureur Gerrie Nel, ajoutant que l’accusé avait ouvert un «tir délibéré vers le siège des toilettes d’une distance de 1,5 mètre» et qu’il «a tiré directement sur les toilettes, en direction de la cuvette».

Reeva Steenkamp portait un short blanc et un haut noir et était couverte de serviettes au moment où les secours sont arrivés, a-t-il précisé. «Quand vous ouvrez la porte, le siège des toilettes se trouve à votre gauche. Il faut donc se tourner un peu et tirer en angle pour toucher les toilettes», a précisé l’enquêteur Botha, qui a présenté un plan des lieux à la cour.

L’enquêteur a expliqué être arrivé à 04h15 du matin jeudi 14 janvier, jour de la Saint Valentin, alors que Reeva Steenkamp était déjà décédée, ce qui est conforme à la version de Pistorius qui avait dit qu’elle était morte dans ses bras. «J’ai trouvé la personne décédée sur gisant sur le sol au pied des escaliers au rez-de-chaussée. Elle avait déjà été déclarée morte par les ambulanciers», a précisé le policier.

Il y a eu trois impacts de balle, selon lui: à la tête à droite au-dessus de l’oreille, au coude droit ce qui a cassé le bras, et à la hanche droite. La police a trouvé deux téléphones portables dans la salle de bain, mais ils n’ont pas été utilisés le matin du crime, a-t-il relevé.

Le policier a annoncé par ailleurs que deux boîtes de testostérone et des aiguilles avaient été retrouvées dans la chambre, de même que des balles de calibre.38, et que l’accusé serait poursuivi pour détention illégale de munitions. «Il n’est pas en possession d’une licence pour posséder des.38», a expliqué Hilton Botha.

Plaidant l’accident, la défense demande la libération sous caution de Pistorius, tandis que le ministère public estime qu’il y a eu meurtre avec préméditation. Les audiences pourraient durer jusqu’à vendredi, selon le Parquet, alors que Reeva Steenkamp, 29 ans, a été incinérée dans l’intimité mardi à Port Elizabeth.

Pas de traces de coups

L’autopsie n’a révélé aucune trace de violence physique sur le corps de Reeva Steenkamp, a indiqué mercredi l’avocat de l’accusé, des informations confirmées par la police.

«Le corps de Reeva ne portait aucune trace de blessure défensive […] aucun signe d’agression et aucun signe qu’elle se serait défendue contre une agression», a déclaré l’avocat Barry Roux, ce à quoi l’enquêteur Hilton Botha a répondu en disant: «C’est exact.»

La police a dit mercredi avoir découvert des seringues et de la testostérone, un produit dopant interdit aux sportifs, au domicile d’Oscar Pistorius, accusé d’avoir assassiné sa petite amie dans la nuit de la Saint-Valentin.

De la testostérone retrouvée

«Nous avons trouvé deux boîtes de testostérone et des seringues» dans la chambre de Pistorius, a déclaré un enquêteur devant le tribunal de Pretoria où comparaît l’athlète.

«Il s’agit d’un remède à base de plantes, il a le droit de l’utiliser et il l’a utilisé auparavant», a affirmé au juge l’avocat de Pistorius, Barry Roux. Un porte-parole du Comité paralympique international, Craig Spence, a indiqué à l’AFP que Pistorius avait subi deux contrôles antidopage pendant les jeux Paralympiques de Londres-2012, et que les deux tests s’étaient révélés négatifs.

Clarins a cessé d’utiliser l’image de l’athlète

Le groupe français de cosmétiques Clarins a cessé d’utiliser dans ses communications l’image d’Oscar Pistorius sur les parfums Thierry Mugler, a-t-on appris mercredi auprès de cette société.

«Par respect et compassion pour les familles impliquées dans cette tragédie, Thierry Mugler Parfums ont pris la décision de retirer toutes leurs campagnes avec Oscar Pistorius», a indiqué le groupe. L’athlète était depuis 2011 l’égérie du parfum Thierry Mugler «A-Men». Les parfums Thierry Mugler font partie du groupe Clarins. Cette décision s’applique aux campagnes de communication et aux produits, sur tous les marchés où ils sont distribués, selon la même source.

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