La victoire viendra-t-elle en «marchant»? Après son investiture présidentielle dimanche, puis la nomination de son premier ministre lundi, Emmanuel Macron a mis le cap mardi matin sur un nouveau défi qui l’amènera à se rendre à Lausanne le 11 juillet: l’accueil des Jeux olympiques 2024 à Paris.

Après avoir reçu au petit-déjeuner au palais de l’Elysée la vingtaine de membres de la commission d’évaluation du Comité international olympique (CIO), le nouveau président a confirmé qu’il viendrait lui-même défendre le dossier sur les bords du Léman, trois jours avant la Fête nationale française. Il se rendra ensuite à Lima (Pérou) le 13 septembre, pour la 130e session du CIO, à l’issue de laquelle un vote aura lieu pour départager les deux villes candidates pour les jeux d’été de 2024: Paris et Los Angeles. La possibilité que les deux métropoles se partagent les JO de 2024 et de 2028 est de plus en plus évoquée.

Escale bilatérale

A Lausanne, siège du CIO, la visite d’Emmanuel Macron sera a priori strictement «olympique». Mais il est très probable que le président français l’accompagne d’une escale bilatérale. Il avait, comme ministre de l’Economie, reçu en avril 2015 le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann. Lequel a confirmé au Temps, après l’élection présidentielle française, que son ex-homologue l’avait alors interrogé sur le droit du travail helvétique. Emmanuel Macron a depuis dimanche un autre lien indirect avec le bassin lémanique: son secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler – son ancien directeur de cabinet à Bercy – travaillait jusqu’à sa nomination à Genève pour le croisiériste MSC, comme directeur financier.

Sur le plan de l’évaluation olympique de Paris, le bilan officiel de la visite de la commission d’évaluation du CIO est très positif. Durant deux jours, l’équipe présidée par le Suisse Patrick Baumann a parcouru la Seine-Saint-Denis, ce département de la banlieue nord de Paris où se trouveront la plupart des installations sportives. Le projet fait la part belle à ce département plus connu pour sa situation économique difficile, en misant sur la reconversion de la plupart des sites après leur utilisation pour les JO.

«Sites époustouflants»

«On a eu la confirmation que ces installations étaient parfaites et bien gérées», a lancé Patrick Baumann au stade de tennis Roland-Garros, qui accueillera bientôt les Internationaux de France – pour lesquels Roger Federer vient de déclarer forfait. «Nous avons reçu des présentations détaillées, notamment de ce que les architectes ont voulu, et toutes les assurances. Les sites (de Paris) sont aussi époustouflants, ils ont aussi leur histoire», a-t-il poursuivi. Avec des mots aussi élogieux que ceux prononcés quelques jours plus tôt à Los Angeles.

Emmanuel Macron devra chasser les mauvais souvenirs olympiques français lorsqu’il sera à Lausanne puis à Lima. Le 6 juillet 2005 à Singapour, le président Jacques Chirac avait échoué à convaincre le Comité international olympique, qui avait attribué les Jeux à Londres. Cette fois, pour le chef de l’Etat le plus jeune de l’histoire républicaine française, particulièrement chanceux depuis son irruption en politique, une seconde défaite aurait un goût particulièrement amer. D’autant que son «adversaire» sera le président américain Donald Trump, qu’il rencontrera pour la première fois lors d’un déjeuner le 25 mai à Bruxelles, en marge du sommet de l’OTAN.