Ce jeudi matin, Theresa May a indiqué que l'auteur de l'attentat de mercredi était un Anglais connu des services de police, sans autre précision à cette heure. En sus, sept personnes ont été arrêtées en lien avec l’attentat de Westminster. Les forces de l’ordre ont mené dans la nuit un raid à un domicile à Birmingham, dans le nord du pays. D’après l’Agence Press Association et la télévision en continu Sky, l’opération était liée à l’auteur présumé de l’attaque, ce que la police n’a d’abord pas confirmé.

Mercredi, la cible pouvait difficilement être plus symbolique. Un terroriste a attaqué le parlement de Westminster, la «mère des parlements», cette fierté nationale britannique. Vers 14h40, une voiture sur le pont de Westminster a foncé sur les passants, fauchant de nombreuses personnes, y compris trois policiers. Trois adolescents français en voyage scolaire ont été touchés. Une femme est tombée dans la Tamise, sans doute projetée par la force du choc. Elle a été repêchée en vie, mais sérieusement blessée.

Le véhicule a fini par s’encastrer dans la barrière entourant le parlement. L’assaillant a alors continué à pied, armé d’un couteau. Il s’est avancé dans Old Palace Yard, la cour d’entrée par où les principaux dignitaires et les premiers ministres britanniques pénètrent dans le bâtiment. Deux policiers sont immédiatement intervenus, lui demandant de s’arrêter. Mais le terroriste a poignardé l’un d’eux, avant d’être abattu par d’autres policiers présents à proximité.

Tobias Ellwood, un député conservateur, s’est immédiatement précipité auprès du policier, tentant de le ranimer en lui faisant du bouche-à-bouche. En vain. Une photo montre le parlementaire, le visage taché du sang du policier, le regard perdu dans le vide: le policier venait de décéder de ses blessures. Bilan de l’attaque: quatre morts, dont l’agresseur, le policier et deux passants. Une quarantaine de personnes ont été blessées, dont en tout cas deux grièvement. Jeudi matin, la police a divulgué le nom de son officier tué dans l’agression.

Attaque tenue pour terroriste

La police traite officiellement l’attaque comme étant terroriste. Sans complètement exclure une autre version, elle pense également que le terroriste était seul.

«Je ne vais pas faire de commentaires sur l’identité de l’assaillant […], mais nous privilégions la piste du terrorisme islamiste», a déclaré mercredi soir le commandant de l’antiterrorisme Mark Rowley.

A l’intérieur du palais de Westminster, les parlementaires étaient retranchés. Deux heures plus tôt, la première ministre Theresa May avait fait face aux habituelles questions au parlement, dans le traditionnel chahut des députés. Mais d’un coup, l’atmosphère s’est tendue. La séance a été suspendue et David Lidington, le «speaker» de la Chambre des communes, a fait une annonce, confirmant la rumeur qui se répandait comme une traînée de poudre. «Il y a eu un incident sérieux. Un policier a été poignardé.»

Dans les escaliers de l’entrée du parlement, de brèves scènes de panique se sont déroulées. «Les coups de feu ont commencé, j’étais avec d’autres députés, nous nous sommes immédiatement couchés par terre, et cachés derrière les piliers», témoigne-t-il à la BBC. Sur son téléphone portable, il a filmé des images, le montrant courant à l’intérieur du bâtiment, ordonnant à tous de reculer.

«Les forces du mal ne nous diviseront pas»

Progressivement, l’attente s’est mise en place. Vers 18h00, tous les parlementaires et le personnel ont été évacués vers l’abbaye de Westminster. Le bâtiment se trouve de l’autre côté de la place du parlement, mais un passage souterrain permet de s’y rendre. Dans une scène surréelle, un policier est monté à la chaire, demandant patience à tous.

Vêtue de noir, Theresa May a dénoncé mercredi soir un attentat «pervers», lors d’une allocution solennelle devant sa résidence de Downing Street. «Les forces du mal ne nous diviseront pas», a-t-elle lancé, après une réunion interministérielle de crise. Elle a cependant indiqué que le niveau d’alerte terroriste restait fixé à «grave», le quatrième sur une échelle de cinq, comme depuis août 2014.

Depuis les attentats du métro de 2005, qui avaient fait 52 morts, le Royaume-Uni a effectivement été relativement épargné par les attentats. Un militaire avait été égorgé en 2013 par deux islamistes. Deux ans plus tard, trois personnes avaient été poignardées dans le métro. Mais c’était à peu près tout. La police prévenait cependant que la menace demeurait très élevée. Le niveau de risque était d’ailleurs classé officiellement à «sévère», signifiant qu’une attaque était «très probable». C’est désormais arrivé.

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