Munich

L'auteur de la tuerie de Munich avait préparé son geste depuis un an

La police allemande a réuni des indices montrant que l'auteur de  l'agression de Munich s'était préparé de longue date. Le jeune homme avait employé les réseaux sociaux pour attirer ses victimes

Le jeune Germano-Iranien de 18 ans, qui a piégé ses victimes sur Facebook, «a préparé son geste depuis un an» et n'a pas choisi spécifiquement ses victimes, a déclaré Robert Heimberger, le chef de la police bavaroise, lors d'une conférence de presse. L'auteur a tué neuf personnes et en blessé 35.

La police estime notamment que le tireur a été influencé par la tuerie de Winnenden (sud-ouest) en mars 2009, où un jeune homme de 17 ans avait ouvert le feu dans son ancien collège, tuant 15 personnes, avant de se suicider.

L'auteur avait visité la ville de Winnenden

«Les premières observations aboutissent à la conclusion qu'il s'est intéressé à cet acte» en allant visité la ville et y prendre des photos il y a un an «et qu'il a planifié ensuite son propre acte» de tuerie, a précisé le chef de la police.

D'après l'enquête, l'auteur de la fusillade de vendredi à Munich n'a toutefois pas ciblé spécifiquement ses victimes aux abords du centre commercial, a précisé le procureur de Munich Thomas Steinkraus-Koch, durant cette conférence de presse.

«Il n'y a ici rien contre les étrangers», contrairement à ce qu'avaient envisagé plusieurs médias du fait de l'origine étrangère de nombreuses victimes, a déclaré M. Steinkraus-Koch.

Il souffrait de troubles psychiatriques

La chancelière allemande Angela Merkel a, samedi, évoqué «une nuit d'horreur» au lendemain de la fusillade de vendredi à Munich. Le tireur, qui s'est donné la mort, souffrait de troubles psychiatriques, selon l'ATS.

L'auteur de la tuerie de Munich a sans doute piégé ses victimes en piratant un compte Facebook, avait affirmé samedi le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière. Ils les aurait invités via ce compte à se rendre dans un restaurant McDonald's pour bénéficier de réductions, selon l'agence.

«Il y a eu avant (l'attaque, ndlr.) vraisemblablement un compte Facebook piraté», a expliqué M. de Maizière lors d'une conférence de presse à Berlin. Ce compte incitait les victimes à venir profiter «des offres spéciales ou des réductions» de la chaîne de restauration rapide au centre commercial où s'est déroulée la fusillade sanglante vendredi soir. «Les gens à Munich ont derrière eux une nuit d'horreur», a-t-elle dit samedi à l'occasion de sa première réaction après la fusillade dans un centre commercial. «Une telle soirée est pour nous tous difficile à supporter».

 

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«Nous tous, et je le dis au nom de l'ensemble du gouvernement, pleurons avec le coeur lourd ceux qui plus jamais ne rentreront dans leurs familles», a-t-elle ajouté depuis la chancellerie à Berlin.

 

Hommage aux Munichois

La dirigeante conservatrice a rendu hommage aux Munichois, notamment à ceux qui ont ouvert leurs portes aux personnes errantes dans la ville après que celle-ci s'est retrouvée en quasi-état de siège. C'est dans ces valeurs que réside «notre grande force», selon Mme Merkel.

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Le tueur, un jeune Germano-Iranien, a tué neuf personnes et blessés seize autres vendredi en fin d'après-midi avant de prendre la fuite et de se suicider non loin du centre commercial. Son corps avait été retrouvé dans la soirée.

La plupart des victimes sont des adolescents ou des jeunes adultes. Les autorités ont évoqué l'acte d'un forcené souffrant d'une forme de dépression. En aucun cas son geste n'apparaît lié à une quelconque motivation islamiste, selon la police.

Par ailleurs, selon l'AFP, François Hollande et Angela Merkel ont convenu samedi, au lendemain de la fusillade de Munich, du besoin de «coopérer plus étroitement face à ceux qui cherchent (...) à créer un climat de terreur», selon l'Elysée.

Lors d'un entretien téléphonique avec la chancelière allemande, le président français lui a «renouvelé le soutien et la solidarité de la France à l'égard de l'Allemagne», indique un communiqué de ses services. Les deux dirigeants «ont échangé sur la nature des actes ignobles intervenus ces derniers jours dans nos deux pays et sont convenus de la nécessité de coopérer plus étroitement encore face à ceux qui cherchent à séparer les peuples et à créer un climat de terreur parmi les populations», ajoute la présidence française.

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