L’Autriche a confirmé mardi qu’elle allait introduire des contrôles à ses frontières, précisant que ceux-ci pourraient être effectifs à partir de minuit (22H00 GMT) dans la nuit de mardi à mercredi. La mesure, qui a obtenu l’aval de la Commission européenne et fait suite à une décision similaire de Berlin, sera mise en œuvre de façon «progressive» et «limitée», a assuré le ministère de l’Intérieur.

Des contrôles aux frontières orientales et méridionales

«L’intensité des contrôles frontaliers sera limitée à ce qui est nécessaire pour garantir la sécurité publique», a précisé le ministère. Les contrôles concerneront prioritairement les frontières orientales et méridionales du pays, à savoir les passages avec la Hongrie, la Slovénie, l’Italie et la Slovaquie, par où transitent ou sont susceptibles de transiter la majorité des migrants.

Selon Vienne, la mesure est devenue «inévitable en raison du caractère massif de l’afflux de ressortissant de pays tiers». Principal pays de transit pour les migrants arrivant de Hongrie et désireux de se rendre en Allemagne, l’Autriche a accepté dans la nuit du 4 au 5 septembre, en accord avec Berlin, de faciliter le passage des migrants cherchant à rejoindre la République fédérale. Mais la décision de l’Allemagne d’établir des contrôles à ses frontières dimanche a placé Vienne en porte-à-faux, alors que près de 20 000 migrants sont encore arrivés en Autriche lundi.

Comme pour l’Allemagne, la Commission européenne a estimé mardi que la mesure autrichienne «entr(ait) dans le cadre des règles» régissant l’espace Schengen de libre circulation, tout en rappelant qu’il devait s’agir d’une disposition «exceptionnelle» et «temporaire». Suite au rétablissement de contrôles par Berlin, plusieurs pays européens ont décidé de renforcer leurs frontières.

Nouvelles clôtures anti-migrants en Hongrie

Plus tôt dans la journée, la Hongrie a ainsi annoncé son intention de construire une nouvelle clôture à sa frontière avec la Roumanie pour endiguer l’afflux de migrants, après celle déjà érigée à sa frontière avec la Serbie.

«Le gouvernement a décidé de mettre en place des préparatifs pour la construction d’une clôture à la frontière entre la Hongrie et la Roumanie, s’étendant du point de jonction entre les frontières serbe, hongroise et roumaine sur une distance raisonnable», a indiqué le ministre des Affaires étrangères hongrois. Cette mesure «est nécessaire étant donné que les passeurs pourraient changer leur route en raison de la clôture existante à la frontière serbo-hongroise», a expliqué le ministre. «Une partie de la pression migratoire pourrait se diriger vers la Roumanie.»

La Hongrie a de plus annoncé avoir engagé une procédure pénale contre 60 migrants. Elle les accuse d’avoir «endommagé» la clôture barbelée érigée à la frontière avec la Serbie, un délit passible de 5 ans de prison en vertu d’une législation entrée en vigueur à minuit». Il s’agit de la première grande vague d’arrestations annoncée depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation hongroise anti-migrants dans la nuit de lundi à mardi. La loi prévoit désormais jusqu’à 3 ans de prison pour tout franchissement de la clôture érigée par Budapest sur les 175 km de la frontière serbe, une peine pouvant être portée à 5 ans en cas de dégâts matériels sur l’installation.

500 000 migrants entre janvier et août

500 000 migrants ont traversé les frontières extérieures de l’Union européenne entre janvier et août de cette année, contre 280 000 pour l’ensemble de 2014, a indiqué mardi l’agence européenne Frontex, précisant que certains avaient pu être comptés deux fois. Cette «vive pression migratoire» divise les Etats membres sur la question des quotas de répartition.